La Banque Nationale Agricole de Tunisie prépare un emprunt subordonné de 70 millions de dinars, extensible à 100 millions. Les souscriptions doivent commencer le 10 novembre 2026. Quatre catégories combinent durée, taux et rythme de restitution du capital : des différences importantes pour apprécier cette ressource bancaire et les engagements des souscripteurs.
Par Malik Séna
Le même montant investi peut être remboursé progressivement ou rester engagé jusqu’à la dernière échéance. C’est l’un des choix structurants de « BNA Subordonné 2026-1 », dont la notice a été publiée le 5 novembre par le Conseil du marché financier. L’opération, décidée par le conseil d’administration le 14 octobre, sera réalisée par placement privé, sans appel public à l’épargne.
Une collecte ouverte le 10 novembre, encore à réaliser
Le montant initial correspond à 700 000 obligations de 100 dinars chacune. Il pourra atteindre un million de titres si la collecte est portée à 100 millions de dinars. Ce plafond décrit une possibilité de placement ; aucun montant effectivement souscrit n’est encore annoncé dans la notice.
Les versements seront reçus aux guichets de la BNA du 10 au 25 novembre. Une clôture anticipée est prévue si le maximum est intégralement souscrit. Si la collecte reste inférieure à 70 millions de dinars le 25 novembre, la période sera prolongée jusqu’au 4 décembre. Le montant définitif devra ensuite être publié au bulletin officiel du CMF.
Quatre calendriers pour le capital
Chaque catégorie propose un choix entre taux fixe et taux variable. Les taux fixes sont annuels et bruts. La formule variable ajoute une marge à la moyenne des douze TMM mensuels de référence, de novembre de l’année précédente à octobre de l’année du paiement. Elle ne se calcule donc pas simplement sur le dernier TMM disponible.
| Catégorie | Durée et remboursement du capital | Taux fixe | Marge de l’option variable |
|---|---|---|---|
| A | 5 ans ; un cinquième par an dès la première année | 8,45 % | +1,45 point |
| B | 5 ans ; intégralité à l’échéance | 8,60 % | +1,60 point |
| C | 7 ans ; un cinquième par an à partir de la troisième année | 8,65 % | +1,65 point |
| D | 7 ans ; intégralité à l’échéance | 8,85 % | +1,85 point |
À cinq ans, les catégories A et B ne restituent donc pas les fonds au même rythme. La première réduit progressivement le capital restant dû ; la seconde concentre son remboursement final en 2031. Sur sept ans, la catégorie C prévoit deux années de grâce sur le capital, tandis que D conserve un remboursement intégral en 2033. Le taux affiché ne suffit pas à rendre ces profils interchangeables.
Une ressource prudentielle assortie d’une subordination
La BNA destine l’émission au renforcement de ses fonds propres nets et à l’amélioration de ses ratios de concentration des risques. La notice renvoie aux règles de la Banque centrale de Tunisie pour sa prise en compte dans les fonds propres complémentaires : le capital restant dû et les plafonds réglementaires encadrent ce traitement.
Pour le porteur, la clause de subordination définit le rang du principal en cas de liquidation. Son remboursement intervient après les créanciers privilégiés et chirographaires, mais avant les titres participatifs. Les intérêts constituent, eux, une dette chirographaire. Aucune garantie particulière n’est attachée à l’emprunt. Les souscriptions et cessions au profit d’OPCVM ou de comptes gérés sont exclues.
Cette annonce suit la clôture de l’emprunt subordonné de la STB à 150 millions de dinars. Les deux dossiers se situent à des étapes différentes : la STB a achevé sa collecte, la BNA prépare son ouverture. Pour cette dernière, l’avis de clôture permettra de connaître le montant placé ; l’annonce seule ne démontre ni l’amélioration déjà acquise d’un ratio ni la liquidité future des titres.
Photo d’archives : siège de la Banque Nationale Agricole à Tunis, 2010. Rais67 / Wikimedia Commons, domaine public. Original importé sans retouche éditoriale ; redimensionnements techniques WordPress possibles.




