UEMOA : la BOAD valide 75 milliards de FCFA et approche les 10 000 milliards d’engagements

La Banque Ouest Africaine de Développement continue d’élargir son empreinte sur l’économie ouest-africaine. Réunie lors de sa 149e session ordinaire, tenue en format hybride sous la présidence de Serge Ekue, la banque a approuvé six nouvelles opérations pour un montant global de 75 milliards de FCFA. Avec cette nouvelle série de financements, la BOAD porte à 9 916,6 milliards de FCFA le total de ses engagements depuis le démarrage de ses activités en 1976.
Derrière ce chiffre, il y a plus qu’un bilan. Il y a la confirmation d’un rôle devenu central : celui d’une institution qui ne finance pas seulement des projets, mais qui accompagne la transformation concrète de l’UEMOA, pays après pays, secteur après secteur.
Une banque de développement qui continue de densifier son impact
Avec ces six nouvelles opérations, la BOAD consolide sa place de financeur structurant de la sous-région. L’institution ne se contente plus d’intervenir sur les grands équilibres macroéconomiques. Elle agit au plus près des chaînes de valeur, des corridors de transport, de l’énergie et de l’industrialisation locale. Cette 149e réunion du Conseil d’administration illustre précisément cette logique : financer des projets capables d’améliorer à la fois la circulation, la production, la transformation et la compétitivité des économies membres.
Au Burkina Faso, une route pour fluidifier les échanges
Au Burkina Faso, le Conseil a validé 20 milliards de FCFA pour la réhabilitation et le bitumage de la route Bobo-Dioulasso–Orodara–frontière du Mali, longue de 130 kilomètres. Le projet doit améliorer la circulation dans la province du Kénédougou et dans sept communes, tout en facilitant le transport des personnes et des marchandises.
Dans une sous-région où la qualité des corridors reste déterminante pour le commerce, ce type d’investissement dépasse la seule logique d’infrastructure. Il touche à la fluidité économique, à l’intégration territoriale et à la capacité des bassins de production à mieux se connecter aux marchés.
En Guinée-Bissau, la cajou au cœur de la montée en valeur
En Guinée-Bissau, la BOAD financera à hauteur de 10 milliards de FCFA un complexe agro-industriel de transformation de noix de cajou. Cette unité affichera une capacité de 30 000 tonnes par an, avec un potentiel d’extension à 50 000 tonnes, et vise à porter le taux de transformation locale à 50 % d’ici 2030.
Le signal est fort. Il ne s’agit plus seulement d’exporter une matière première, mais de créer davantage de valeur sur place. Pour les producteurs, c’est la promesse d’une filière mieux structurée. Pour l’économie bissau-guinéenne, c’est un pas supplémentaire vers une industrialisation ancrée dans ses avantages comparatifs.
Au Bénin, l’industrie électronique entre dans le jeu
Au Bénin, SYRRIUS INDUSTRIES recevra 5 milliards de FCFA pour créer une unité d’assemblage robotisé de matériels informatiques et électroniques. L’infrastructure permettra d’assembler ordinateurs, tablettes, téléphones, drones et décodeurs conformes aux standards internationaux.
Ce projet a une portée symbolique et industrielle. Il raconte une Afrique de l’Ouest qui ne veut plus se limiter aux secteurs traditionnels, mais qui cherche aussi à se positionner sur des chaînes de production à plus forte intensité technologique. En soutenant ce type d’initiative, la BOAD accompagne une mutation plus profonde : celle d’une industrialisation qui regarde aussi vers l’électronique et l’innovation.
En Côte d’Ivoire, la BOAD sécurise l’équation énergétique
La banque a également renouvelé la contre-garantie partielle accordée par Société Générale Côte d’Ivoire à AZITO Énergie SA, pour sécuriser les engagements financiers de CI-Énergies, à hauteur de 10 milliards de FCFA. Cette mesure doit permettre à l’État ivoirien de respecter ses engagements liés à la convention de concession de la centrale.
L’énergie reste l’un des piliers les plus sensibles de la croissance régionale. En intervenant sur ce terrain, la BOAD ne finance pas seulement une opération financière. Elle contribue à consolider un maillon critique de la compétitivité économique.
Une trajectoire qui raconte la profondeur régionale de la BOAD
Avec 9 916,6 milliards de FCFA d’engagements cumulés depuis 1976, la BOAD s’approche désormais du seuil symbolique des 10 000 milliards de FCFA. Ce cap n’est pas qu’un chiffre impressionnant. Il traduit la profondeur historique d’une institution qui, au fil des décennies, s’est imposée comme l’un des outils les plus structurants de l’intégration économique ouest-africaine.
À travers ces six nouvelles opérations, la banque confirme une ligne claire : soutenir les infrastructures qui relient, les industries qui transforment et les projets qui renforcent la résilience productive de l’UEMOA. Dans une région où le financement du développement reste un levier décisif, cette nouvelle séquence vient rappeler une réalité simple : la BOAD n’est pas seulement un bailleur. Elle est devenue l’un des moteurs silencieux de la transformation ouest-africaine.
Patrick Tchounjo



