La BAD injecte 5 millions d’euros via Ecobank Centrafrique pour soutenir le commerce centrafricain

La Banque africaine de développement (BAD) renforce son appui au secteur privé centrafricain. Le 29 avril 2026 à Bangui, l’institution a signé avec Ecobank Centrafrique un accord de facilité de garantie de transactions de 5 millions d’euros, destiné à soutenir le financement du commerce dans un pays où l’enclavement pèse encore lourdement sur les échanges, les importations stratégiques et la compétitivité des entreprises.
L’accord a été signé par Mamdou Coulibaly, responsable du bureau pays du Groupe de la BAD en Centrafrique, et Félix Landry Ndjoumé, directeur général d’Ecobank Centrafrique. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs représentants publics, monétaires, patronaux et financiers, dont le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Richard Filakota.
Un levier pour sécuriser les échanges
Cette facilité de garantie vise un enjeu central : permettre à Ecobank Centrafrique de mieux accompagner les opérateurs économiques dans leurs opérations de commerce extérieur. Dans un pays enclavé, où les coûts logistiques, les délais d’approvisionnement et les contraintes de financement peuvent ralentir l’activité, le trade finance devient un outil stratégique.
La garantie permettra notamment de soutenir l’importation d’intrants, de machines de production agricole et d’équipements de télécommunication. Ces catégories ne sont pas anodines. Elles touchent directement aux secteurs capables d’élargir la base productive du pays : l’agro-industrie, l’industrie manufacturière légère, les services numériques et les chaînes d’approvisionnement.
Les PME et PMI au cœur du dispositif
L’un des objectifs majeurs de l’accord est de renforcer l’accès des PME/PMI aux instruments de financement du commerce. Ces entreprises sont souvent les plus exposées aux contraintes bancaires : garanties insuffisantes, difficulté à obtenir des lignes de crédit, faible capacité à sécuriser les opérations d’importation ou à absorber les délais de paiement.
Avec cette facilité, Ecobank Centrafrique pourra fluidifier les transactions, réduire les risques liés au commerce extérieur et offrir plus de capacité d’accompagnement aux entreprises locales. Pour Félix Landry Ndjoumé, cette première collaboration avec la BAD s’inscrit dans la stratégie du groupe Ecobank visant à renforcer le financement du commerce international et à mieux servir les entreprises centrafricaines.
Une opération alignée sur la transformation économique
Au-delà du soutien bancaire, l’accord s’inscrit dans une ambition plus large : faire du secteur privé un moteur de transformation économique. Cette orientation rejoint les priorités du Plan national de développement 2024-2028, qui place les entreprises, l’emploi et la croissance inclusive au cœur de la stratégie nationale.
L’effet attendu dépasse donc le financement des importations. En facilitant l’accès aux équipements, aux intrants et aux outils productifs, cette garantie peut contribuer à renforcer la production locale, améliorer la capacité industrielle et soutenir la création de valeur.
Un impact fiscal et économique attendu
L’initiative pourrait également avoir un effet positif sur les recettes publiques, notamment à travers les droits liés aux importations. Si les flux commerciaux augmentent, l’État peut capter davantage de recettes fiscales, tout en stimulant l’activité économique.
Pour la BAD, l’opération confirme une ligne claire : soutenir le secteur privé en partenariat avec le gouvernement et les banques commerciales. Pour Ecobank Centrafrique, elle renforce un rôle d’intermédiaire clé entre les besoins des entreprises et les instruments financiers internationaux.
Le vrai message
Cette facilité de 5 millions d’euros n’est pas seulement une ligne de garantie. C’est un signal envoyé au marché centrafricain : le financement du commerce peut devenir un outil concret de transformation économique.
Dans un pays où les entreprises ont besoin d’importer, produire, vendre et créer des emplois, sécuriser les transactions commerciales est une étape essentielle. Avec cet accord, la BAD et Ecobank Centrafrique ouvrent une nouvelle voie pour soutenir les PME, renforcer les échanges et donner plus de profondeur au secteur privé centrafricain.
Patrick Tchounjo


