Gisèle Mélanie Houngue prend les commandes de BGFIBank Bénin au cœur d’une forte croissance

La nomination de Gisèle Mélanie Houngue épouse Zegoua à la tête de BGFIBank Bénin n’a rien d’anodin. Elle intervient dans un moment de puissance pour le groupe bancaire, qui a clôturé 2025 sur une forte progression de son bilan, de ses crédits, de ses dépôts et de son produit net bancaire. À Cotonou, cette arrivée incarne à la fois la promotion d’un talent maison et la volonté de BGFIBank de consolider son ancrage dans l’espace UEMOA.
Le timing dit beaucoup. Ce jeudi 9 avril 2026, BGFIBank a officialisé la nomination de Gisèle Mélanie Houngue épouse Zegoua au poste de directrice générale de BGFIBank Bénin, en remplacement d’Alexis Louéké, qui aura passé près de quatre ans à la tête de la filiale. Derrière l’annonce, il y a plus qu’un simple changement de gouvernance : il y a l’idée d’un relais stratégique, pensé pour prolonger une dynamique de croissance dans une zone ouest-africaine devenue centrale pour les ambitions du groupe.
Une nomination qui ressemble à une consécration
Dans les banques panafricaines, certaines promotions racontent mieux que de longs discours la philosophie d’un groupe. Celle de Gisèle Mélanie Houngue appartient à cette catégorie. Son parcours au sein de BGFIBank épouse presque parfaitement la logique des maisons qui aiment former, observer, éprouver, puis élever leurs dirigeants.
Arrivée en février 2011 comme directrice administrative et financière de BGFIBank Côte d’Ivoire, elle y a construit une réputation de rigueur et de constance pendant plus de douze ans, avant d’être promue directrice générale adjointe en mars 2023. Trois ans plus tard, elle prend les commandes de la filiale béninoise, première implantation du groupe dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
Cette trajectoire interne n’est pas seulement flatteuse sur le papier. Elle envoie un message clair : chez BGFIBank, la montée en responsabilité peut s’appuyer sur la maîtrise des fondamentaux financiers, sur la fidélité au groupe et sur la connaissance intime des rouages d’une banque en croissance.
De l’audit à la direction générale, une école de précision
Avant de devenir une figure du management bancaire régional, Gisèle Mélanie Houngue a d’abord été formée à la discipline de l’audit. Diplômée du second cycle des études comptables supérieures de l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny, elle débute sa carrière en octobre 2003 chez Mazars Bénin comme auditeur financier, avant de poursuivre chez Mazars Côte d’Ivoire à partir de septembre 2006.
Ce détail de parcours est loin d’être secondaire. Dans un secteur bancaire où la qualité de l’exécution, la maîtrise des risques, la gouvernance et la lecture fine des équilibres financiers deviennent décisives, l’école de l’audit reste une formidable matrice. Elle forge des profils peu démonstratifs, mais redoutablement solides. Des profils qui savent lire une croissance, distinguer l’expansion saine de l’emballement, et transformer les indicateurs en décisions.
C’est sans doute là que réside la force narrative de cette nomination : BGFIBank ne propulse pas seulement une cadre expérimentée. Le groupe place à Cotonou une dirigeante dont le parcours a été construit autour du contrôle, de la structure, de la performance et de la discipline financière.
BGFIBank Bénin, une filiale symbolique dans le dispositif UEMOA
Le Bénin n’est pas une filiale comme les autres dans l’architecture régionale de BGFIBank. Il s’agit de la première implantation du groupe dans l’espace UEMOA, un marché où les enjeux de densification, de compétitivité et de conquête bancaire sont particulièrement stratégiques.
En confiant cette entité à une dirigeante issue du sérail, le groupe cherche manifestement à sécuriser deux impératifs. D’un côté, préserver la continuité managériale après le mandat d’Alexis Louéké. De l’autre, ouvrir un nouveau cycle de développement, avec une exigence renforcée sur la performance opérationnelle.
Autrement dit, BGFIBank Bénin entre dans une phase où la gouvernance ne doit plus seulement administrer une présence ; elle doit accélérer une promesse. Dans le contexte actuel de l’UEMOA, cela signifie gagner en efficacité commerciale, approfondir la relation client, financer davantage l’économie réelle et maintenir un haut niveau de robustesse dans l’exécution.
Une prise de fonction portée par des résultats 2025 impressionnants
Cette nomination prend une résonance particulière parce qu’elle intervient au lendemain de chiffres 2025 très solides pour le groupe. Au 31 décembre 2025, le total du bilan consolidé de BGFIBank atteint 7 428 milliards de FCFA, soit une progression de 25 % sur un an. Les crédits à la clientèle s’élèvent à 3 787 milliards de FCFA, en hausse de 6 %, tandis que les dépôts de la clientèle atteignent 4 263 milliards de FCFA, en progression de 10 %.
La dynamique est tout aussi parlante du côté du compte d’exploitation. Le produit net bancaire ressort à 414 milliards de FCFA, en hausse de 26 %, porté notamment par la progression de la marge nette d’intérêts. Les commissions nettes se maintiennent à 121 milliards de FCFA, tandis que le produit global d’exploitation atteint 432 milliards de FCFA, en hausse de 24 %.
Ces chiffres racontent une banque qui ne se contente plus de croître par présence géographique ou par effet de taille. Ils traduisent une institution qui améliore sa capacité à transformer son activité en revenus, à soutenir le financement de ses clientèles et à renforcer sa profondeur financière.
Le signal d’un groupe qui mise sur la continuité performante
Dans beaucoup de groupes bancaires africains, les nominations de dirigeants interviennent parfois pour corriger une contre-performance, redresser une filiale ou ouvrir une rupture. Ici, le signal est différent. BGFIBank nomme dans un contexte de force, pas de fragilité.
C’est précisément ce qui donne de l’épaisseur à la décision. Lorsqu’un groupe progresse à ce rythme, il ne cherche plus seulement des profils de stabilisation. Il recherche des dirigeants capables de prolonger la trajectoire, de faire monter les standards et de convertir la puissance du groupe en résultats locaux plus visibles.
Gisèle Mélanie Houngue arrive donc à Cotonou avec un double mandat implicite : capitaliser sur l’héritage de la filiale, mais aussi traduire la dynamique consolidée du groupe en gains tangibles sur le marché béninois. Sa connaissance de l’ADN BGFIBank, combinée à son expérience des fonctions financières et de direction, peut lui donner une légitimité rare dans ce type de transition.
Une femme de chiffres pour une banque de transformation
Il y a enfin, dans cette nomination, une dimension plus silencieuse mais essentielle : celle du style de leadership qu’elle suggère. À l’heure où la banque africaine doit conjuguer croissance, conformité, digitalisation, sélectivité du risque et excellence opérationnelle, les profils capables d’articuler vision et contrôle deviennent particulièrement précieux.
Le parcours de Gisèle Mélanie Houngue ne renvoie pas à une figure de dirigeante spectaculaire. Il dessine plutôt celle d’une bâtisseuse méthodique, formée à la lecture des comptes, à la discipline des organisations et à la durée. Et c’est peut-être exactement ce dont une banque a besoin lorsque son groupe de rattachement entre dans une nouvelle dimension.
Une nouvelle page s’ouvre à Cotonou
La nomination de Gisèle Mélanie Houngue à la direction générale de BGFIBank Bénin marque donc plus qu’un changement de visage. Elle symbolise l’entrée dans une nouvelle séquence pour la filiale béninoise, au moment où le groupe affiche l’une des progressions les plus marquantes de son histoire récente.
Dans un paysage bancaire ouest-africain de plus en plus concurrentiel, cette décision rappelle une vérité simple : les grandes trajectoires se construisent rarement dans le bruit. Elles avancent souvent avec méthode, avec profondeur, et avec des dirigeants qui connaissent déjà la maison de l’intérieur.
Patrick Tchounjo



