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Omar Bekkali prend les rênes de l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital : le private equity marocain change d’échelle

Le capital-investissement marocain change d’échelle, et l’élection d’Omar Bekkali à la présidence de l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital intervient à un moment charnière. Élu le 29 juin 2026 pour succéder à Hassan Laaziri, le Partner d’AfricInvest arrive à la tête de l’AMIC avec un profil qui épouse les besoins du secteur : rigueur financière, culture juridique, expérience panafricaine et lecture fine des enjeux ESG.

Son parcours s’est construit entre banque, droit et investissement. Avant de rejoindre AfricInvest en 2010, Omar Bekkali a travaillé à Paris au sein du département Structured Finance de Natixis, sur des opérations de prêts syndiqués liées au project finance, à l’immobilier et aux LBO. Diplômé de Grenoble École de Management et titulaire d’un diplôme en droit de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il appartient à cette génération d’investisseurs capables d’analyser un dossier à la fois sous l’angle du rendement, du risque, de la structuration juridique et de la gouvernance.

Chez AfricInvest, où il a passé seize de ses dix-neuf années d’expérience dans l’investissement et le financement, il s’est imposé dans des secteurs qui redessinent la compétitivité africaine : services financiers, paiement électronique, services informatiques et énergies renouvelables. Son parcours ne se limite pas à l’exécution d’opérations. Il a également participé à la levée et au déploiement de véhicules d’investissement locaux et régionaux, ce qui en fait un professionnel de la construction des plateformes de financement autant qu’un investisseur de terrain.

Cette expérience compte au moment où l’AMIC veut renforcer le rôle du capital-investissement dans l’économie marocaine. L’industrie a franchi un cap. En 2024, elle a enregistré un niveau record de levées, tandis que les investissements cumulés ont atteint 15,7 milliards de dirhams dans plus de 320 entreprises. Ces chiffres traduisent une maturité nouvelle : le private equity marocain n’est plus un marché de niche, mais une infrastructure de financement, de croissance et de gouvernance.

L’arrivée d’Omar Bekkali ouvre donc moins une phase d’apprentissage qu’une séquence d’exécution. Déjà engagé dans les instances de l’AMIC lors des mandats précédents, il connaît les acteurs, les contraintes et les priorités. Avec Meriem Zairi à la vice-présidence et Najate Berrada à la trésorerie, son bureau devra poursuivre un objectif clair : faire de l’association une organisation plus fédératrice, plus agile et plus utile à ses membres.

Son principal défi sera de transformer la dynamique actuelle en influence durable. Cela suppose de consolider la confiance des institutionnels, d’élargir les financements vers les entreprises en croissance, de fluidifier les sorties, d’accélérer l’innovation et d’ancrer l’ESG comme un standard de place. À la tête de l’AMIC, Omar Bekkali incarne ainsi un président de cycle : celui d’un capital-investissement marocain plus ambitieux, plus responsable et plus connecté à l’économie réelle.

Patrick Tchounjo

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