Analyses & OpinionsClassements & Récompenses

Dimitri Kévin Ndjebi, Ghislain Mboumba et Larbi Allabouch : les trois visages d’un marché qui concentre 85 % des profits bancaires

Avec 67,36 milliards de FCFA de bénéfice net, BGFIBank Gabon domine très largement les performances bancaires de 2025. Aux côtés d’AFG Bank Gabon et de l’Union Gabonaise de Banque, l’établissement appartient à un trio qui concentre plus de 85 % des résultats nets de l’échantillon étudié. Une puissance financière considérable, qui place désormais Dimitri Kévin Ndjebi, Ghislain Claude Mboumba et Larbi Allabouch face à une responsabilité plus large : transformer la rentabilité bancaire en capacité productive pour le Gabon.

Les comptes de 2025 ne constituent plus une actualité immédiate. Ils offrent cependant une photographie particulièrement instructive des rapports de force qui structurent encore le secteur bancaire gabonais.

Selon les données communiquées pour huit établissements, leurs résultats nets cumulés atteignent environ 151,1 milliards de FCFA. BGFIBank Gabon, AFG Bank Gabon et l’UGB en captent à elles seules 128,67 milliards, soit un peu plus de 85 %.

Cette concentration résume le paradoxe du marché. Le Gabon dispose de banques capables de générer des profits élevés, de renforcer leurs fonds propres et de financer des opérations d’envergure. Mais cette création de valeur reste dominée par un nombre limité d’acteurs, tandis que plusieurs établissements demeurent fragiles et que l’accès au crédit continue de peser sur les entreprises.

Dimitri Kévin Ndjebi et la puissance de BGFIBank Gabon

Avec un bénéfice de 67,36 milliards de FCFA, BGFIBank Gabon réalise à elle seule davantage qu’AFG Bank et l’UGB réunies, dont les résultats cumulés atteignent 61,31 milliards.

La performance confirme la position centrale de l’établissement dirigé par Dimitri Kévin Ndjebi. Nommé en 2023 après avoir effectué l’essentiel de sa carrière au sein du groupe, le dirigeant pilote aujourd’hui une banque qui combine puissance commerciale, présence auprès des grandes entreprises et forte capacité de distribution du crédit. Il préside également l’Association professionnelle des établissements de crédit du Gabon.

Cette domination ne se limite pas aux bénéfices. Au quatrième trimestre 2025, BGFIBank représentait 57,18 % des crédits distribués au Gabon, sur un volume global de 548,9 milliards de FCFA accordé par le système bancaire. L’UGB arrivait loin derrière avec 17,26 %.

Le bloc des noms est un peu dense, surtout sur mobile. La ligne secondaire (“les trois visages d’un marché…”) risque d’être un peu longue en lecture smartphone. Le prénom “Dimitri” absent dans la mise en couleur peut créer une petite incohérence si le titre complet au-dessus mentionne “Dimitri Kévin Ndjebi”. Le groupe des trois personnages est solide, mais un tout petit peu plus d’air entre eux améliorerait encore le rendu haut de gamme. Le fond sombre est réussi, mais pourrait être légèrement plus uniforme pour éviter que certaines zones attirent l’œil inutilement.

Le bloc des noms est un peu dense, surtout sur mobile. La ligne secondaire (“les trois visages d’un marché…”) risque d’être un peu longue en lecture smartphone. Le prénom “Dimitri” absent dans la mise en couleur peut créer une petite incohérence si le titre complet au-dessus mentionne “Dimitri Kévin Ndjebi”. Le groupe des trois personnages est solide, mais un tout petit peu plus d’air entre eux améliorerait encore le rendu haut de gamme. Le fond sombre est réussi, mais pourrait être légèrement plus uniforme pour éviter que certaines zones attirent l’œil inutilement.

La taille procure plusieurs avantages : meilleure capacité à absorber les investissements technologiques, accès à une clientèle institutionnelle solide et possibilité de répartir les risques sur un portefeuille plus large.

Elle crée aussi une responsabilité systémique. Lorsqu’une banque concentre une part aussi élevée du crédit, ses arbitrages influencent directement les secteurs, les entreprises et les projets capables d’accéder au financement.

Ghislain Claude Mboumba installe AFG Bank comme challenger

La deuxième performance marquante vient d’AFG Bank Gabon. Sous la direction de Ghislain Claude Mboumba, l’établissement a réalisé un bénéfice net de 31,25 milliards de FCFA en 2025, en progression de 30,15 %.

Son total de bilan a atteint 1 419 milliards de FCFA, en hausse de 37 %, tandis que les dépôts de la clientèle ont progressé de 32 %. Le rendement des fonds propres s’est établi à 29,28 %, révélant une forte capacité à convertir le capital mobilisé en rentabilité.

Ces chiffres installent AFG Bank comme le principal challenger de BGFIBank. Ils traduisent la réussite d’une transformation engagée depuis le passage de l’ancienne BICIG sous le contrôle d’Atlantic Financial Group.

La croissance comporte néanmoins un point de vigilance. Le coût du risque a fortement progressé en 2025. Cette évolution rappelle qu’une expansion rapide du crédit peut accroître les revenus, mais aussi exposer davantage la banque aux impayés et aux défaillances d’entreprises.

Le défi de Ghislain Claude Mboumba sera donc de préserver cette dynamique sans sacrifier la qualité du portefeuille.

Larbi Allabouch hérite d’une UGB solidement installée

Avec un bénéfice communiqué de 30,06 milliards de FCFA, l’Union Gabonaise de Banque reste au contact direct d’AFG Bank.

La chronologie doit toutefois être précisée. Les résultats portent sur l’exercice 2025, tandis que Larbi Allabouch a pris la direction générale de l’UGB en 2026. Il n’est donc pas l’architecte initial de cette performance, mais le dirigeant qui en hérite et doit désormais la prolonger.

Son arrivée accompagne une nouvelle étape de modernisation. L’UGB poursuit la rénovation de son réseau et le déploiement de concepts d’agences alignés sur les standards du groupe Attijariwafa bank. En juillet 2026, Larbi Allabouch a notamment présenté la nouvelle agence des Charbonnages comme un élément de cette stratégie de transformation.

Sa mission sera de convertir la rentabilité historique de l’établissement en modernisation commerciale, en meilleure expérience client et en financements adaptés aux nouveaux besoins de l’économie.

Derrière les champions, un secteur profondément polarisé

Ecobank Gabon se positionne dans un deuxième groupe avec 16,09 milliards de FCFA de bénéfice. UBA Gabon et Citibank restent également bénéficiaires, avec respectivement 6,93 milliards et 5,19 milliards.

À l’autre extrémité, la BCEG affiche une perte de 490 millions de FCFA, tandis qu’Orabank Gabon termine l’exercice sur un déficit de 5,29 milliards.

Sans le détail de leurs comptes, il serait imprudent d’attribuer ces pertes à une cause unique. Elles peuvent résulter d’un coût du risque élevé, d’importantes provisions, d’une restructuration, d’investissements technologiques ou d’une base de revenus insuffisante.

Le contraste reste néanmoins saisissant. Dans le même marché, certaines banques génèrent plusieurs dizaines de milliards de bénéfices quand d’autres peinent à atteindre l’équilibre. La taille, la qualité des actifs, la maîtrise des charges et la puissance de collecte deviennent ainsi des facteurs de différenciation déterminants.

Le paradoxe du crédit gabonais

La rentabilité bancaire n’est pas une anomalie. Une banque bénéficiaire est mieux équipée pour absorber les crises, investir dans la technologie, renforcer sa solvabilité et financer davantage l’économie.

Mais la performance ne peut être jugée uniquement à l’aune des profits.

Selon les données relayées à partir du rapport de la BEAC, le taux effectif global moyen du crédit au Gabon atteignait 21,06 % au quatrième trimestre 2025, contre une moyenne régionale de 10,91 % dans la CEMAC.

Ce niveau pose une question essentielle. Comment faire de la puissance financière des banques un levier accessible aux PME, aux industriels, aux agriculteurs et aux entrepreneurs qui portent la diversification économique ?

Les petites entreprises restent souvent confrontées à des garanties difficiles à réunir, à des maturités trop courtes et à un coût du financement incompatible avec leurs marges. Dans le même temps, les grandes signatures, les marchés publics et les entreprises déjà structurées captent une part significative des concours bancaires.

Le problème n’est donc pas seulement la quantité de crédit disponible. Il concerne sa distribution, sa durée, son prix et sa capacité à financer des activités productives au-delà du pétrole.

Transformer les profits en économie réelle

Dimitri Kévin Ndjebi, Ghislain Claude Mboumba et Larbi Allabouch incarnent trois réalités différentes du marché.

Le premier dirige l’acteur dominant, dont les décisions pèsent sur l’ensemble du système. Le deuxième pilote le challenger qui affiche l’une des croissances les plus rapides du secteur. Le troisième hérite d’une banque rentable qu’il doit moderniser et inscrire dans une nouvelle trajectoire.

Leur véritable compétition ne devrait plus se limiter aux parts de marché, aux dépôts et aux résultats nets. Elle devra porter sur la capacité à financer plus efficacement les entreprises, à réduire les délais de décision, à développer des solutions sectorielles et à partager une partie du risque avec les mécanismes publics ou les institutions de garantie.

La bataille décisive commence après le bénéfice

Les résultats de 2025 prouvent que le secteur bancaire gabonais sait créer de la valeur. Ils montrent également que cette valeur reste fortement concentrée.

Le prochain chapitre sera plus exigeant. Il ne s’agira plus seulement de savoir quelle banque gagne le plus, mais laquelle transforme le mieux sa puissance financière en investissement, en emplois et en diversification économique.

BGFIBank doit démontrer que sa domination peut irriguer davantage le tissu productif. AFG Bank doit consolider sa croissance sans laisser dériver le risque. L’UGB doit convertir sa solidité en modernisation et en conquête de nouveaux marchés.

Les banques gabonaises ont réussi la bataille des profits. Elles doivent désormais gagner celle de l’économie réelle.

Patrick Tchounjo

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page