Classements & Récompenses

CCA Bank prend la tête du marché bancaire des exportations de cacao sous la direction d’Alvine Désirée Tiwoda

Au Cameroun, la bataille bancaire se joue aussi dans les plantations de cacao. À l’issue de la campagne 2025-2026, CCA Bank s’est hissée au premier rang des partenaires bancaires des exportateurs de fèves, captant 20,98 % des opérations de domiciliation et d’encaissement. Une progression qui place l’établissement devant NFC Bank et UBA, et qui ouvre, pour sa Directrice générale Alvine Désirée Tiwoda, un défi plus important encore : transformer cette avance commerciale en leadership durable.

Le changement est significatif. Lors de la campagne précédente, CCA Bank détenait 18,59 % du marché. Elle gagne ainsi 2,39 points en un an. Derrière elle, NFC Bank réalise la progression la plus spectaculaire, passant de 0,63 % à 18,10 %, tandis qu’UBA représente 17,84 % des opérations. Ensemble, les trois établissements concentrent 56,92 % de l’activité traitée par les quinze banques commerciales présentes sur ce marché.

L’autre mouvement majeur concerne Ecobank Cameroun. Leader lors de la campagne précédente avec 22,12 %, la filiale panafricaine recule à 10,36 %. Une chute qui illustre la rapidité avec laquelle les positions peuvent évoluer sur un segment où la qualité de la relation avec les exportateurs, la disponibilité des financements et la capacité à exécuter rapidement les opérations deviennent déterminantes.

Le cacao, bien plus qu’un marché de domiciliation

Pour CCA Bank, devenir le premier partenaire bancaire des exportateurs de cacao dépasse la simple conquête d’une part de marché.

Les flux liés à l’exportation ouvrent l’accès à une gamme beaucoup plus large de métiers : financement du négoce, crédits de campagne, garanties bancaires, gestion de trésorerie, opérations de change et accompagnement des entreprises de la chaîne de valeur.

Le cacao représente ainsi un terrain stratégique pour renforcer les relations avec une clientèle corporate exposée aux marchés internationaux.

Cette performance intervient alors qu’Alvine Désirée Tiwoda dirige CCA Bank depuis décembre 2025. Son arrivée à la tête de l’établissement se situe donc au milieu de la campagne cacaoyère et ne saurait, à elle seule, expliquer le résultat obtenu. Elle hérite néanmoins d’un actif commercial majeur qu’il lui appartient désormais de consolider.

Un leadership acquis dans un marché sous pression

Le principal paradoxe réside dans l’environnement de cette victoire.

Entre le 1er août 2025 et le 15 juillet 2026, les volumes de cacao déclarés à l’achat ont reculé de 19,7 %, à 250 300 tonnes. La baisse des cours mondiaux et la rétention d’une partie des stocks par les producteurs ont pesé sur l’activité.

CCA Bank gagne donc des parts de marché dans un secteur dont les volumes se contractent.

Cette nuance est essentielle. Être numéro un en domiciliation ne signifie pas automatiquement être le plus rentable. Tout dépendra des marges, du coût des ressources mobilisées, de la qualité des exportateurs financés et de la maîtrise du risque de crédit.

Pour Alvine Désirée Tiwoda, le défi consiste désormais à aller au-delà du classement. La prochaine étape sera de transformer cette présence dominante dans les flux cacao en relations commerciales durables, en financement de la transformation locale et en création de valeur pour la banque.

CCA Bank a remporté une position. Elle doit maintenant construire l’avantage concurrentiel qui permettra de la conserver.

Patrick Tchounjo

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page