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BICEC : avec un bénéfice record de 15,83 milliards de FCFA en 2025, Mohamed Simporé ouvre un nouveau cycle stratégique

Avec un résultat net annoncé de 15,83 milliards de FCFA en 2025, la BICEC confirme son retour durable à la rentabilité. Nommé directeur général fin décembre, le Burkinabè Mohamed Simporé prend toutefois les commandes après la clôture de l’exercice. Il hérite donc moins du mérite comptable de cette performance que de la responsabilité de la prolonger dans un marché bancaire camerounais devenu plus disputé.

À la BICEC, les chiffres de 2025 referment une période et en ouvrent une autre. Selon les données communiquées, le bénéfice net est passé de 12,29 milliards de FCFA en 2023 à 14,32 milliards en 2024, puis à 15,83 milliards en 2025. En deux ans, la progression atteint près de 29 %.

Cette trajectoire valide le redressement engagé après l’intégration de la banque au groupe marocain Banque Centrale Populaire, en octobre 2019. Elle montre surtout que la BICEC a retrouvé des équilibres suffisamment solides pour ne plus être jugée uniquement à travers son passé, mais sur sa capacité à reconquérir le marché.

Un record hérité, une responsabilité immédiate

La chronologie est essentielle. Mohamed Simporé a été nommé à la tête de la BICEC le 23 décembre 2025. Il n’a donc pas piloté l’essentiel de l’exercice ayant produit ce bénéfice record. La performance appartient principalement au cycle conduit par son prédécesseur, Outman Roqdi.

Le nouveau directeur général reçoit néanmoins un actif stratégique : une banque rentable, dotée d’un réseau national important et soutenue par un groupe bancaire panafricain. Le site officiel de la BICEC le présente désormais à la tête du comité de direction. L’établissement revendique par ailleurs 40 agences, deux centres d’affaires, un espace PME, plus de 380 000 clients et près de 800 collaborateurs.

Cette profondeur commerciale constitue une force. Elle représente aussi un coût structurel élevé face à des banques plus agiles et à des concurrents investissant massivement dans le numérique.

La rentabilité progresse, mais moins rapidement

Les résultats restent orientés à la hausse, mais leur rythme ralentit. Après une progression d’environ 16,5 % en 2024, le bénéfice n’augmente plus que de 10,5 % en 2025.

Ce tassement n’est pas alarmant. Il indique cependant que les gains les plus faciles du redressement ont probablement déjà été obtenus. Pour continuer à progresser, la BICEC devra produire davantage de revenus récurrents, améliorer sa productivité et protéger la qualité de ses crédits.

C’est ici que la mission de Mohamed Simporé devient plus exigeante. Il ne s’agit plus seulement de préserver les équilibres, mais de transformer la rentabilité en parts de marché durables.

Le crédit comme premier terrain de bataille

La BICEC s’était distinguée au premier trimestre 2025 en captant 17,60 % des nouveaux crédits accordés au Cameroun. Un an plus tard, sa part est revenue à 14,76 %, derrière General Bank of Cameroon et SCB Cameroun.

Cette évolution illustre la volatilité du marché. Accorder davantage de crédits permet de gagner rapidement du terrain, mais peut aussi accroître les risques futurs si la sélection des emprunteurs se relâche.

Mohamed Simporé devra donc trouver un équilibre entre croissance, tarification et qualité du portefeuille. Le véritable leadership ne se mesure pas au volume distribué sur un trimestre, mais à la capacité de financer durablement les entreprises tout en maîtrisant les défauts.

Transformer le réseau en avantage numérique

La BICEC possède l’un des réseaux bancaires les plus étendus du pays. Mais l’agence ne peut plus constituer son unique avantage. Les fintechs, le mobile money et les nouveaux entrants modifient les attentes des clients en matière de rapidité et de simplicité.

La prochaine étape devra intégrer une analyse plus rapide des dossiers, des parcours numériques efficaces et des solutions mieux adaptées aux PME. Le réseau physique conservera sa valeur à condition de devenir le prolongement d’une banque plus fluide, et non le symbole d’un modèle coûteux.

La conquête commence après le redressement

Mohamed Simporé ne prend pas la tête d’une banque en crise. Il arrive dans une institution restaurée, mais encore confrontée à une concurrence intense.

Sa réussite ne sera pas jugée uniquement sur un nouveau record de bénéfice. Elle dépendra de la croissance des dépôts, de la qualité des actifs, de la progression du crédit productif et de la capacité à moderniser l’expérience client.

La BICEC a réussi son redressement. Le mandat de Mohamed Simporé devra désormais lui permettre de réussir sa reconquête.

Patrick Tchounjo

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