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Afreximbank : à Gaborone, la conformité face au défi des paiements internationaux

Du 16 au 18 novembre, le forum Afreximbank examinera l’accès aux correspondants bancaires, la traçabilité des paiements et les contrôles des fintechs.

Vue des immeubles et des rues de Gaborone au Botswana, photographiée en février 2015.
Gaborone, 17 février 2015. Njengabenngugi / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photo d’archives.
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Afreximbank précise le programme de son forum conformité, prévu du 16 au 18 novembre 2026 à Gaborone. L’accès aux correspondants bancaires et la traçabilité des paiements seront au cœur des échanges. Pour les établissements d’Afrique francophone, l’enjeu est de rendre leurs opérations internationales plus faciles à évaluer, sans affaiblir les contrôles.

Un paiement peut être techniquement transmissible et rester difficile à exécuter. Identifier les parties, comprendre l’activité du client et justifier la destination des fonds constituent autant d’étapes dans lesquelles se joue la confiance entre banques. C’est ce travail, souvent invisible pour l’entreprise qui attend son règlement, que le rendez-vous de Gaborone entend rapprocher du financement du commerce.

L’annonce des intervenants, diffusée le 2 novembre, confirme la place accordée à la correspondance bancaire. Organisé avec le Botswana Investment and Trade Centre, le forum doit aussi aborder les sanctions, la cybersécurité, la protection des clients et l’intelligence artificielle. Le dispositif officiel prévoit parallèlement un séminaire de financement du commerce, avec des programmes distincts.

La qualité de l’information devient une capacité commerciale

Une relation de correspondance permet à une banque de fournir des services à une autre, notamment pour traiter des paiements sur des marchés où celle-ci ne dispose pas de sa propre implantation. Pour le client, sa solidité compte autant que l’interface utilisée pour envoyer l’ordre.

Le problème n’est donc pas seulement la connexion entre systèmes. Il faut que les informations qui accompagnent l’opération permettent aux établissements successifs d’apprécier le risque. Des données incomplètes peuvent entraîner des demandes complémentaires ; pour une entreprise, l’incertitude sur la date de règlement complique alors le suivi de trésorerie. Cette lecture explique pourquoi la conformité concerne aussi les équipes commerciales et les directions financières.

Le sujet n’est pas nouveau. Dans son rapport de juillet 2016 sur la correspondance bancaire, le Comité sur les paiements et les infrastructures de marché examinait déjà le partage d’informations, les messages de paiement et les dispositifs de connaissance du client. Ce document historique éclaire le mécanisme ; il ne mesure pas la situation africaine de 2026.

Pour les fintechs, un contrôle adapté au risque

La participation annoncée de Sophie Barre, responsable mondiale du risque et de la conformité de Wave Mobile Money Group, apporte au programme la question de l’entrée en relation dans les services numériques. L’objectif discuté sera de concilier accès aux services et obligations de contrôle. Il ne s’agit pas d’une dérogation réglementaire annoncée.

Notre lecture est opérationnelle : une procédure utile doit permettre de comprendre le client, mais aussi de traiter une anomalie et de retrouver les éléments d’une décision. Automatiser une vérification n’en supprime ni la responsabilité ni les limites. Les démonstrations d’outils d’intelligence artificielle prévues au forum devront être appréciées sur ces fonctions concrètes, plutôt que sur leur seule rapidité.

Ce que les banques francophones pourront en attendre

Pour les acteurs de l’UEMOA et de la CEMAC, l’intérêt réside dans la coopération entre établissements soumis à des cadres différents. Le forum n’a pas le pouvoir d’unifier les lois nationales ou de garantir l’ouverture d’une relation bancaire. Il peut en revanche préciser comment rendre les dossiers et les échanges d’informations plus exploitables.

Cette question prolonge notre analyse de la confiance bancaire après la sortie de liste grise de la Côte d’Ivoire et de la RDC. Elle complète aussi le calcul du coût d’un virement en dollars : connaître le prix ne suffit pas à assurer le bon traitement de l’opération. Après Gaborone, les résultats à examiner seront les mécanismes convenus, les responsabilités attribuées et leurs conditions d’application.

Par Ariane Noma

Photo d’archives : Gaborone, 17 février 2015. Njengabenngugi / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement possible par WordPress. Cette vue ne représente pas le forum de 2026.

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