GAFI : la Côte d’Ivoire et la RDC sortent de la liste grise, la confiance bancaire à reconstruire
Le GAFI retire la Côte d’Ivoire et la RDC de sa liste grise le 30 octobre 2026. Un progrès de conformité dont les effets bancaires restent à concrétiser.
La Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo quittent la surveillance renforcée du GAFI. Pour leurs établissements financiers, la décision améliore le cadre du dialogue avec les partenaires internationaux ; elle ne supprime ni les contrôles ni les exigences de connaissance du client.
Par Ariane Noma
Une inscription sur une liste internationale peut peser longtemps dans une relation bancaire. En sortir ouvre une possibilité de réévaluation, sans effacer instantanément les politiques de risque des établissements étrangers. C’est dans cet intervalle que se joue la portée économique de la décision du Groupe d’action financière : réunie à Paris du 28 au 30 octobre 2026, sa plénière a retiré la Côte d’Ivoire et la RDC de la liste des juridictions sous surveillance renforcée.
Les deux pays ont achevé leurs plans d’action et passé les visites sur place nécessaires à cette sortie. La Bulgarie et Monaco bénéficient de la même décision. Il s’agit d’un changement de statut réglementaire précisément identifié, et non d’une certification générale de toutes les opérations financières réalisées dans ces économies.
La réforme doit devenir une pratique durable
Pour la Côte d’Ivoire, les progrès reconnus portent notamment sur la coopération internationale, la supervision fondée sur les risques, l’accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs et l’utilisation du renseignement financier. La portée de ces chantiers est concrète : identifier celui qui contrôle réellement une société, comprendre l’origine des fonds et transmettre une information exploitable conditionnent la qualité d’un dispositif de conformité.
La sortie ne clôt donc pas le travail. Les deux pays doivent poursuivre leurs efforts avec les organismes régionaux compétents. Pour les directions de banque, l’enjeu consiste à rendre les améliorations observables dans les dossiers clients, les systèmes de surveillance et le traitement des alertes.
Un signal favorable, sans baisse automatique du coût des opérations
La surveillance renforcée ne constitue pas, en elle-même, un appel du GAFI à interrompre les relations bancaires ou à appliquer indistinctement des mesures renforcées à tous les clients. L’organisation demande une approche proportionnée au risque. Symétriquement, le retrait n’oblige aucun correspondant bancaire à modifier immédiatement ses tarifs, ses limites ou ses procédures.
La conséquence économique doit ainsi être appréciée banque par banque. Une relation internationale dépend aussi de la qualité des informations fournies, des transactions concernées et des règles applicables au partenaire. Annoncer dès maintenant une diminution chiffrée des coûts ou un afflux de capitaux dépasserait les éléments établis.
Le prochain test sera celui de l’exécution
La décision crée néanmoins un point d’appui pour les établissements ivoiriens et congolais : documenter les réformes, actualiser leur présentation du risque pays et engager une revue des conditions de leurs relations internationales. La crédibilité acquise se mesurera à la continuité du contrôle, pas seulement au changement de liste.
Cette exigence rejoint la connaissance du client et les questions de conformité internationale des banques. Pour les entreprises, le bénéfice attendu reste très pratique : des dossiers plus solides et une meilleure capacité à expliquer leurs flux. La confiance financière se consolide ainsi, opération après opération.
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