Sept établissements bancaires ivoiriens participent à un financement de 148 milliards FCFA pour Doropo. La signature du 3 novembre met en lumière leur place dans un investissement minier de grande taille, avec des tirages appelés à accompagner progressivement la construction.
Par Nora Kémi
Le financement local d’une mine se joue aussi dans les bilans des banques. À Abidjan, le 3 novembre 2026, sept établissements ont pris part à la signature des conventions destinées au développement du projet aurifère de Doropo, porté par Resolute Mining dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. L’enveloppe annoncée atteint 148 milliards FCFA.
Le pool réunit BGFIBank Côte d’Ivoire, la BNI, NSIA Banque, BOA, BDU, AFG et Bridge Bank. BGFIBank confirme le montant et la composition du groupe bancaire. Bridge Bank confirme également sa participation, évoquant un engagement de plusieurs milliards de francs CFA sans publier son montant exact. La répartition complète entre les sept banques n’est pas détaillée dans ces annonces.
Des crédits couvrant environ la moitié du budget
Le rapport trimestriel de Resolute publié le 29 octobre présente 260 millions de dollars de facilités locales pour Doropo, à rapprocher d’un budget de construction de 516 millions de dollars. Ces crédits représentent donc environ 50,4 % de ce budget. Les ressources disponibles et les flux d’exploitation du groupe complètent le montage.
Les 148 milliards FCFA annoncés lors de la cérémonie et les 260 millions de dollars du rapport décrivent le même dispositif de financement local, dans deux monnaies. Ils ne doivent pas être additionnés. Le rapport signalait déjà 17 milliards FCFA tirés au 30 septembre, avec une mobilisation progressive du solde prévue en 2026 et 2027.
La signature de novembre s’inscrit ainsi dans une séquence financière déjà engagée. Elle ne signifie ni que la totalité de l’enveloppe a été versée ce jour-là, ni que les banques deviennent actionnaires de la mine : les instruments décrits sont des facilités de crédit.
Le contenu local s’étend à l’intermédiation financière
L’intérêt économique de l’opération dépasse le nombre de prêteurs. Le recours à plusieurs banques du pays permet de répartir les engagements entre établissements, plutôt que de faire porter l’ensemble de l’enveloppe à un seul bilan. Il donne aussi aux banques participantes une place dans le financement d’un actif industriel dont les recettes d’exploitation restent à venir.
Cette participation ne supprime pas les risques : l’exécution du chantier, son coût final et la capacité future de remboursement restent déterminants. Le montant collectif annoncé ne permet pas, à lui seul, d’évaluer l’exposition de chaque banque, ses garanties ou sa rémunération. Les annonces bancaires consultées ne publient pas de grille complète des taux et des échéances.
Pour replacer cette opération dans la dynamique des établissements participants, nos lectures des crédits et résultats de BOA Côte d’Ivoire à neuf mois et des comptes semestriels de NSIA Banque CI apportent un contexte complémentaire. Ces comptes ne permettent toutefois pas d’isoler l’effet de Doropo.
Le chantier doit encore devenir une mine en production
Resolute prévoit une première production d’or au premier semestre 2028. Il s’agit d’un objectif industriel, non d’un résultat acquis. Pour les banques, l’enjeu sera d’accompagner la transformation du financement disponible en installations opérationnelles, puis en flux permettant le service de la dette.
Photo de contexte : quartier du Plateau à Abidjan, 16 décembre 2020. Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photo d’archives ; elle ne représente ni la mine de Doropo ni la cérémonie de signature.




