BOA Côte d’Ivoire dégage 29,66 milliards FCFA de bénéfice sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 11,35 %. Les crédits nets progressent de 19,94 % sur un an. Ce décalage invite à regarder comment l’expansion commerciale se transforme en revenus, puis en résultat.
Par Nora Kémi
Accorder davantage de crédits ne produit pas immédiatement une hausse équivalente du bénéfice. Les financements entrent au bilan à des dates différentes, leur rémunération varie et leur risque doit être provisionné. Chez BOA Côte d’Ivoire, les comptes arrêtés au 30 septembre permettent de distinguer ces étapes, sans attribuer à la seule croissance des encours toute l’amélioration du résultat.
Une collecte et des crédits en progression
Le rapport d’activité non audité publié par la BRVM le 2 novembre 2026 présente 942,18 milliards FCFA de dépôts, en hausse de 17,71 % sur un an, et 495,10 milliards de crédits nets. Pour ces derniers, nous retenons le tableau chiffré : il indique 495 097 millions, contre 495 997 millions dans le commentaire du même document.
Pour une entreprise cliente, cette progression des encours renseigne sur l’activité globale de financement. Elle ne signifie ni une acceptation plus facile de chaque dossier ni une baisse des conditions tarifaires. La publication ne détaille pas la répartition des nouveaux crédits entre grandes entreprises, PME et particuliers.
Les revenus progressent davantage que les frais
Le produit net bancaire atteint 57,77 milliards FCFA, en hausse de 7,99 %. Les frais généraux augmentent de 6,71 %, à 20,63 milliards. Le coefficient d’exploitation ressort à 35,7 % : les charges opérationnelles absorbent donc un peu plus du tiers du revenu bancaire. Le résultat brut d’exploitation atteint 37,14 milliards.
La différence entre les rythmes de croissance des revenus et des dépenses crée un levier favorable. Elle ne démontre pas pour autant une amélioration de la marge sur chaque prêt : le PNB comprend aussi les commissions et d’autres revenus. Un encours de crédit constitue un stock à une date donnée ; le PNB mesure un flux sur une période. Comparer leurs variations aide à poser une question commerciale, mais ne suffit pas à calculer un rendement du portefeuille.
Le risque reste une charge, sans expliquer seul le bénéfice
Le coût net du risque s’établit à 3,44 milliards FCFA, légèrement au-dessus de son niveau de septembre 2025. La hausse du résultat ne repose donc pas sur un recul de ce poste.
Ce constat distingue la période d’une lecture centrée sur la baisse du provisionnement. Il ne permet cependant pas de conclure que tous les crédits supplémentaires présentent le même risque que les anciens. L’évolution des créances dégradées et des garanties apporterait une information complémentaire sur la qualité de l’expansion.
Ce que les comptes annuels devront préciser
Pour situer ces résultats, notre comparatif de quatre autres banques ivoiriennes à fin septembre distingue taille du bénéfice, croissance et conversion des revenus. Le cas de BICICI éclaire notamment une trajectoire différente entre crédits et profits.
Pour BOA Côte d’Ivoire, l’enjeu sera de conserver le bénéfice de l’expansion commerciale après prise en compte des charges et du risque. Ces chiffres intermédiaires ne fixent ni le résultat de l’exercice entier ni un dividende futur. La publication annuelle permettra de vérifier la continuité de cette trajectoire.
Photo de contexte : quartier du Plateau à Abidjan, 16 décembre 2020. Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie sans retouche éditoriale ; elle n’identifie pas le siège de BOA Côte d’Ivoire.




