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Bénin : 500 millions d’euros et une garantie du FAD pour réduire le coût du financement de long terme

Par patrick tchounjo3 min de lecture
Bénin : 500 millions d’euros et une garantie du FAD pour réduire le coût du financement de long terme

Le Bénin vient de mobiliser 500 millions d’euros, soit environ 328 milliards FCFA, auprès du marché bancaire international. Mais le montant n’est qu’une partie de l’information. L’opération conclue le 18 septembre 2026 repose sur un mécanisme de partage des risques associant une garantie partielle du Fonds africain de développement (FAD) et une couverture complémentaire. Elle montre comment les institutions multilatérales peuvent utiliser leur capacité de garantie pour attirer davantage de capitaux privés vers les besoins de financement africains.

Une garantie pour mobiliser 328 milliards FCFA

Le financement obtenu par le Bénin affiche une maturité finale de 12 ans. Les ressources doivent être orientées vers plusieurs secteurs prioritaires : éducation, santé, eau, infrastructures, énergies renouvelables, agriculture ainsi que création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

La particularité de l’opération réside cependant dans son architecture. Plutôt que de financer directement l’intégralité des 500 millions d’euros, le FAD intervient à travers une garantie partielle de crédit. Une assurance de seconde perte fournie par la filiale d’assurance du Groupe de la Banque islamique de développement complète le dispositif.

L’objectif économique est clair : réduire une partie du risque supporté par les prêteurs afin de faciliter la mobilisation de financements privés de long terme à des conditions plus favorables que celles qu’un emprunteur pourrait obtenir sans mécanisme de rehaussement de crédit.

Le capital multilatéral utilisé comme multiplicateur

Cette structure pose une question centrale pour le financement du développement en Afrique : comment obtenir davantage d’investissements sans faire reposer l’intégralité de l’effort sur les ressources concessionnelles des institutions multilatérales ?

Les garanties constituent une réponse possible. Elles permettent théoriquement d’utiliser une capacité financière limitée pour sécuriser un volume de capitaux privés supérieur au montant directement engagé par l’institution de développement.

L’opération béninoise intervient après un premier financement structuré en 2023 avec le soutien du FAD. Sa répétition trois ans plus tard indique que le mécanisme n’est plus seulement expérimental dans la stratégie de financement du pays.

Elle intervient également après la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement, conclue en décembre 2025.

500 millions d’euros créent aussi une exigence de résultats

Mobiliser des capitaux ne constitue toutefois que la première étape. Avec une échéance pouvant atteindre douze ans, l’enjeu se déplace désormais vers l’utilisation des fonds et leur capacité à produire des effets économiques suffisamment durables.

Les investissements dans l’énergie, l’eau ou les infrastructures peuvent améliorer la productivité lorsqu’ils réduisent les coûts supportés par les entreprises et les ménages. Les dépenses consacrées à l’éducation, la santé et l’agriculture répondent, elles, à des besoins de capital humain et de transformation productive.

Mais un financement garanti demeure un engagement financier. La qualité des projets sélectionnés, leur exécution et la maîtrise de l’endettement détermineront donc la portée réelle de l’opération.

Pour le Bénin, le véritable enjeu des 500 millions d’euros ne réside ainsi pas seulement dans l’accès au marché international. Il sera de démontrer que cette ingénierie financière peut convertir une réduction du risque pour les prêteurs en investissements capables d’accroître durablement les capacités économiques du pays.

Patrick Tchounjo

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