Le Bénin et la Côte d’Ivoire figurent dans la première phase de l’Africa Sovereign Climate Facility. Ce dispositif AFC–Fonds vert pour le climat associe préparation des projets et prêts aux États. Ses documents publics présentent toutefois deux chiffrages différents, à distinguer des décaissements.
Par Nora Kémi
Pour un ministère des Finances, obtenir une ressource climatique ne règle pas toute l’équation d’investissement. Il faut préparer des opérations éligibles, organiser leur exécution et prévoir le remboursement des emprunts. C’est sur cette articulation que repose l’Africa Sovereign Climate Facility, ou ASCF, dont l’AFC date le lancement du 30 octobre 2026 en Corée. L’Angola et le Nigeria complètent le périmètre initial.
Des dons de préparation, des prêts pour investir
La fiche officielle FP313 du Fonds vert pour le climat décrit une assistance technique financée par don, puis des prêts transitant par les ministères des Finances. Les investissements visés concernent notamment l’électricité, les systèmes alimentaires, l’eau et les infrastructures résilientes. Le dispositif est donc un financement du secteur public, et non un guichet de subventions directement ouvert à toutes les entreprises.
Cette distinction compte pour les fournisseurs et développeurs de projets. L’inscription d’un pays dans la facilité ne constitue ni une commande publique ni un contrat commercial. La préparation doit permettre de passer d’une priorité nationale à une opération dont le coût, les risques et les conditions d’exécution sont suffisamment documentés.
690 millions annoncés, environ 675 millions dans la fiche financière
L’AFC annonce un volume global de 690 millions de dollars et une contribution du Fonds vert de 280 millions. Elle prévoit également de financer intégralement une facilité commerciale parallèle pouvant atteindre 260 millions de dollars, sur une durée maximale de dix ans.
La fiche FP313 consultée le 5 novembre affiche, elle, 274,96 millions de dollars de financement du Fonds vert et 399,92 millions de cofinancement, soit environ 674,88 millions au total. Les lignes détaillées du Fonds vert comprennent des prêts et des dons. Le rapprochement de ces montants avec les 690 millions annoncés n’est pas explicité dans les deux pages consultées. Il serait donc imprudent de les présenter comme une enveloppe unique déjà intégralement disponible.
Ces écarts imposent aussi de ne pas additionner mécaniquement la facilité commerciale annoncée au total du programme : un financement parallèle peut déjà entrer dans le périmètre du cofinancement. Les conventions et tableaux consolidés devront préciser cette articulation.
Pour les États, le coût complet reste déterminant
Une combinaison de ressources concessionnelles et commerciales peut améliorer l’équilibre financier d’un investissement. Elle ne transforme pas tous les financements en dons. Pour apprécier l’effort budgétaire, il faudra examiner les intérêts, les échéances et, si la monnaie de remboursement diffère de celle des recettes du projet, l’exposition au change.
La sélection des opérations comptera donc autant que le volume annoncé. Une infrastructure doit pouvoir être entretenue et rendre le service attendu après sa construction. La logique de préparation rejoint le chantier décrit dans notre article sur les futures obligations vertes tunisiennes ; elle se distingue du financement solaire IPP50 au Bénin, qui relève d’une autre opération.
Approuvée le 28 octobre, la facilité reste affichée au stade « Approved » sur le portail du Fonds vert, sans mise en œuvre démarrée dans sa chronologie. Pour les décideurs béninois et ivoiriens, les prochains éléments utiles seront les projets retenus, les conditions financières définitives et les premiers décaissements confirmés.
Photo d’archives de contexte : installation solaire à Lalo, Bénin, 1er septembre 2021. Roger soro / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement par WordPress. Cette installation n’est pas identifiée comme un projet de l’ASCF.




