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Finance de développement

Bénin : IPP50 signe 30 millions d’euros de financement pour quatre centrales solaires

Signés le 29 octobre, les accords IFC–Proparco financent IPP50. Contrats d’achat, capitaux institutionnels et risques avant la mise en service prévue en 2028.

Par La rédaction3 min de lecture
Panneaux solaires sur un site à Lalo, au Bénin.
Installation solaire à Lalo, au Bénin, le 1er septembre 2021. Photo d’archives de contexte : elle ne représente pas les futures centrales du projet IPP50. Crédit : Roger soro / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement automatique par WordPress.

Les accords de financement du projet solaire IPP50 ont été signés le 29 octobre 2026 à Cotonou. IFC et Proparco apportent un financement conjoint de 30 millions d’euros à un programme estimé à 45 millions. L’opération associe capitaux institutionnels et opérateur privé, avec une mise en service commerciale prévue au premier trimestre 2028.

Par Nora Kémi

La capacité d’une centrale solaire à produire de l’électricité ne suffit pas à rendre son financement possible. Les prêteurs doivent aussi pouvoir examiner qui achètera cette production, pendant combien de temps et dans quelles conditions. Au Bénin, l’architecture contractuelle d’IPP50 éclaire ce passage d’un potentiel énergétique à un projet susceptible de recevoir des capitaux de long terme.

Un financement adossé à des recettes futures

Le communiqué conjoint daté du 29 octobre prévoit quatre centrales à Natitingou, Djougou, Parakou et Bohicon, pour une capacité cumulée annoncée de 62 mégawatts-crête. L’électricité doit être vendue à la Société béninoise de production d’électricité, la SBPE, au moyen de contrats d’achat à long terme. La concession est prévue pour vingt ans.

Pour un financeur, un contrat d’achat donne un cadre aux revenus futurs : il permet de confronter les recettes attendues aux dépenses d’exploitation et au remboursement de la dette. Il ne supprime ni le risque de paiement de l’acheteur, ni celui d’un retard de construction, ni l’incertitude sur la production réelle. La solidité du montage dépend donc du contenu des contrats autant que de la puissance installée.

Les documents consultés ne publient pas le tarif de vente, les taux d’intérêt ou les échéanciers. Ils ne permettent pas non plus de chiffrer ici les garanties apportées aux prêteurs. La signature des accords constitue un jalon financier ; elle ne prouve pas que tous les fonds sont déjà décaissés.

La CDC Bénin intervient à travers Sika Capital

AXIAN s’appuie sur Sika Capital, véhicule détenu conjointement par la Caisse des dépôts et consignations du Bénin et Egnon Consulting. IFC mobilise notamment des ressources du Clean Technology Fund. Le montage combine ainsi un ancrage institutionnel local, un développeur et des institutions de financement du développement.

Les 30 millions d’euros annoncés représentent les deux tiers du coût total indiqué. La différence de 15 millions ne doit pas être présentée comme une somme restant nécessairement à lever : l’annonce ne fournit pas la ventilation exhaustive des ressources. Elle ne précise pas davantage le partage du financement entre IFC, Proparco et les ressources mobilisées auprès du fonds climatique.

Du contrat signé aux premiers revenus

La période précédant l’exploitation reste décisive. Un retard dans les travaux ou le raccordement peut repousser les ventes d’électricité alors que des dépenses ont déjà été engagées. L’articulation entre calendrier de construction, conditions de décaissement et démarrage des remboursements détermine donc une partie de l’équilibre financier.

Ce financement doit être distingué de la contribution de 63 millions d’euros étudiée par la BEI pour le réseau béninois. Production et réseau sont complémentaires, mais relèvent de dossiers et de stades de décision différents. De même, la facilité MCB destinée à AXIAN Energy concerne un autre périmètre financier ; aucun cumul d’enveloppes ne peut être attribué à IPP50 sans ventilation documentée.

Le prochain test sera l’exécution : décaissements effectifs, réalisation des ouvrages, raccordement et premiers revenus. C’est sur ces étapes que pourra se mesurer la capacité de ce partenariat à transformer les accords signés en actifs productifs.

Photo d’archives : installation solaire à Lalo, au Bénin, le 1er septembre 2021 ; elle ne représente pas IPP50. Roger soro / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement automatique par WordPress.

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