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Crédit en CEMAC : comparer les taux des six pays au deuxième trimestre 2026

De 8,13 % au Cameroun à 21,51 % au Gabon : comparatif des taux de crédit en CEMAC au deuxième trimestre 2026 et limites des moyennes nationales.

Bâtiment de la BEAC et quartier environnant à Yaoundé, photographiés en juin 2015.
BEAC à Yaoundé, 3 juin 2015. Albert Bergonzo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photo d’archives, redimensionnée automatiquement par WordPress.
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Au deuxième trimestre 2026, les taux effectifs globaux moyens des banques vont de 8,13 % au Cameroun à 21,51 % au Gabon. Ce comparatif du crédit en CEMAC révèle des écarts marqués, mais aussi une limite essentielle : les moyennes nationales réunissent des financements différents. Au Tchad, retirer les engagements par signature change sensiblement la lecture.

Par Nora Kémi

Une monnaie commune ne produit pas un prix unique du crédit. Pour une entreprise présente dans plusieurs pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, les statistiques bancaires dessinent une première carte des coûts. Elles ne permettent pourtant pas de déplacer un projet vers le pays affichant la moyenne la plus basse en supposant y obtenir ce taux.

Cette analyse porte sur les opérations du deuxième trimestre 2026, à partir du rapport sur les taux débiteurs publié par la BEAC le 22 octobre 2026. Elle rapproche les six marchés et explique les précautions nécessaires pour transformer une statistique en information de gestion.

Les six pays sur un même périmètre bancaire

Le tableau retient les seules banques, conformément au tableau a.3 du rapport, et leurs TEG moyens exprimés en pourcentage annuel. Les établissements financiers sont exclus de cette comparaison. Les pays sont présentés par ordre alphabétique : il s’agit d’un rapprochement de moyennes observées, pas d’un palmarès des meilleures banques.

TEG moyens des banques en CEMAC — deuxième trimestre 2026
Pays TEG moyen annuel
Cameroun 8,13 %
Centrafrique 14,36 %
Congo 10,00 %
Gabon 21,51 %
Guinée équatoriale 13,82 %
Tchad 8,47 %

Ces données proviennent des déclarations des établissements à la BEAC. Elles décrivent une période passée et un ensemble d’opérations. Elles ne constituent ni un barème proposé en novembre 2026, ni une offre accessible à tout emprunteur, ni un plafond réglementaire.

Cameroun et Tchad : deux précautions qui changent la lecture

Au Cameroun, deux chiffres du rapport peuvent sembler se concurrencer. Les banques affichent 8,13 %, tandis que l’ensemble des établissements de crédit atteint 8,22 %. La différence tient au périmètre : ce second ensemble inclut les établissements financiers, dont le TEG moyen s’établit à 20,65 %. Comparer 8,22 % à une série limitée aux banques mélangerait donc les populations étudiées.

Au Tchad, la distinction porte sur les opérations. La moyenne nationale des banques est de 8,47 % avec les engagements par signature. En les retirant, la BEAC obtient 11,47 %, soit trois points de pourcentage de plus. Le rapport souligne le poids de ces engagements, associés à des taux faibles et à des volumes importants.

Une caution ou une garantie mobilise l’engagement de la banque au bénéfice de son client ; elle ne correspond pas nécessairement à une somme immédiatement décaissée. La FAQ du CNEF Cameroun sur BankCompar distingue bien la mise à disposition de fonds et l’engagement par signature dans la définition du crédit. Leur coût et leur fonction économique ne sont pas interchangeables.

Il serait tout aussi trompeur de remplacer simplement le taux tchadien par 11,47 % dans le tableau, puis de conserver les autres pays sans retraitement équivalent. Pour comparer uniquement des financements hors engagements par signature, il faudrait appliquer ce même filtre aux six marchés.

La variation d’une moyenne ne prouve pas une baisse générale des tarifs

Le Congo illustre l’ampleur des mouvements possibles : le TEG moyen bancaire passe de 17,78 % au deuxième trimestre 2025 à 10,00 % un an plus tard. Ce recul de 7,78 points décrit l’agrégat observé. Il ne démontre pas que chaque banque a réduit d’autant le prix d’un prêt identique.

La composition des opérations peut modifier une moyenne : davantage de grands dossiers, d’autres durées ou une proportion différente de garanties changent le résultat. Ces données nationales, prises seules, ne permettent pas d’attribuer les écarts entre pays à une cause unique ni de mesurer ce que paierait une même entreprise partout.

Pour un dirigeant, comparer le besoin avant le pays

Une comparaison exploitable commence par un financement défini : montant, objet, durée, calendrier de remboursement et garanties. Elle rapproche ensuite des offres documentées et leur coût complet. Notre guide pour comparer deux crédits avec le TEG et BankCompar détaille cette démarche au niveau d’un dossier.

Le choix du produit compte également. Un prêt d’équipement et un crédit-bail avec option d’achat n’organisent pas de la même manière la propriété du bien et les paiements. La carte régionale des taux sert ainsi à poser des questions aux financeurs et à examiner la structure d’un marché. La décision exige ensuite des propositions comparables et un échéancier adapté aux recettes de l’entreprise.

Photo d’archives : bâtiment de la BEAC à Yaoundé et quartier environnant, 3 juin 2015. Albert Bergonzo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement automatique WordPress.

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