Madagascar prévoit de recruter une expertise financière nationale pour structurer le Fonds national de développement industriel, destiné à faciliter le financement des PME. Publié le 6 novembre 2026, l’avis relève du Projet d’appui à l’industrialisation et au secteur financier (PAISF), soutenu par le Fonds africain de développement.
Par Nora Kémi
Une entreprise industrielle peut manquer de garanties pour obtenir un crédit, ou de capitaux pour changer d’échelle. Ces deux difficultés appellent des instruments différents. C’est cette architecture financière que doit préciser le travail prévu autour du FNDI : déterminer comment les ressources pourront atteindre les entreprises, avec quelles responsabilités et quel partage des risques.
Une mission de structuration, avant les financements aux entreprises
L’avis officiel du 6 novembre prévoit un contrat de consultant individuel, financé sur une partie du prêt accordé au PAISF. Il porte sur la structuration du fonds. Cette publication ne constitue donc ni un appel à demandes de crédit pour les PME ni une annonce de capitaux déjà mobilisés par le FNDI.
L’enjeu dépasse le recrutement d’un spécialiste. Un véhicule de financement doit articuler sa mission publique avec des règles de sélection, de décision et de suivi compréhensibles par ses partenaires. Pour une banque ou un investisseur susceptible d’y participer, la question est de savoir quel risque il conservera et qui décidera de l’emploi des ressources.
Deux besoins financiers identifiés dans le cadre initial
Le rapport d’évaluation établi en 2020 distinguait une première phase de conception, puis l’abondement et l’opérationnalisation. Il explorait une facilité de garantie, avec une cible de 5 millions d’euros, et un fonds de capitalisation visant 25 millions d’euros. Ces chiffres décrivent les ambitions initiales du montage : ils ne sont pas des montants collectés ou engagés confirmés en novembre 2026.
La garantie envisagée devait répondre au manque de sûretés bancaires des PME éligibles, notamment pour leurs besoins de trésorerie. Le second mécanisme visait les entreprises à potentiel de croissance et leur participation au tissu industriel. Le choix entre ces leviers est économique : faciliter un prêt et renforcer le capital d’une entreprise ne produisent ni les mêmes engagements ni le même horizon de financement.
Cette distinction entre conception et mobilisation effective se retrouve dans notre décryptage du fonds forestier préparé par FMO, un projet séparé qui illustre l’importance de l’organisation du risque avant la levée de capitaux.
Ce que les PME pourront réellement surveiller
La revue du portefeuille malgache datée de février 2026 rangeait encore la capitalisation du FNDI parmi les actions en cours. L’avis de novembre confirme une démarche de préparation financière ; il ne permet pas, à lui seul, de constater l’achèvement de ces travaux.
Les prochains repères utiles seront la structure retenue, les ressources effectivement engagées, l’identité des intermédiaires et les conditions d’accès. Une PME ne pourra évaluer l’intérêt du dispositif pour son projet qu’avec des critères d’éligibilité et des modalités opérationnelles précis. Le travail annoncé par la BAD sur la lisibilité des parcours de financement éclaire cet autre enjeu : rendre un instrument utilisable exige aussi de rendre ses étapes prévisibles.
Photo d’archives : siège de la BAD à Abidjan, 9 janvier 2016. Citizen59 / Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Redimensionnement automatique par WordPress, sans retouche éditoriale. Cette photographie ne représente ni un site du FNDI ni une entreprise bénéficiaire à Madagascar.




