FMO prépare un fonds forestier africain avec jusqu’à 25 millions USD de capital de premières pertes
FMO cherche un gestionnaire pour un fonds forestier africain. Jusqu’à 25 millions USD de capital de premières pertes sont envisagés, sous conditions.
La banque néerlandaise de développement a lancé, le 29 octobre 2026, un appel à propositions pour un fonds consacré à la filière forestière d’Afrique subsaharienne. Le montage cherche à attirer des capitaux privés en organisant une absorption prioritaire de certaines pertes.
Par Malik Séna
Pour financer la forêt, la durée du capital compte autant que son montant. Un investissement doit pouvoir traverser un cycle de développement, absorber des aléas et trouver une voie de sortie compatible avec l’actif. FMO cherche un gestionnaire capable de réunir ces compétences dans un fonds spécialisé en Afrique subsaharienne.
L’appel publié le 29 octobre prévoit que le programme Mobilising Finance for Forests puisse apporter jusqu’à 25 millions de dollars de capital dit de premières pertes, ainsi que jusqu’à 1,25 million de dollars d’assistance technique. Il s’agit de plafonds indicatifs soumis à examen et à approbation, pas d’un fonds déjà constitué ou d’une levée achevée.
Un amortisseur de risque pour mobiliser d’autres investisseurs
Une tranche de premières pertes supporte prioritairement les pertes dans les limites prévues au contrat. L’objectif est d’améliorer le profil de risque des autres apporteurs de capitaux. Elle ne transforme pas l’investissement en placement garanti et ne dispense pas d’examiner les actifs, les coûts et les responsabilités de gestion.
Le cahier des charges envisage une taille de fonds de 100 à 125 millions de dollars au minimum et un premier closing d’au moins 80 millions. Le premier closing est visé au plus tard le 15 février 2028. Ces paramètres restent des objectifs de structuration, dont la réalisation dépendra notamment de la levée auprès de tiers.
Le gestionnaire devra prouver plus qu’une capacité à lever
Les candidatures sont attendues le 27 novembre 2026 à midi, heure d’Europe centrale. FMO recherche une équipe maîtrisant l’investissement forestier, la structuration et les enjeux environnementaux et sociaux. L’appel prévoit une place possible pour les projets carbone liés à la forêt, dans un portefeuille qui doit rester diversifié et discipliné.
L’analyse financière d’un tel véhicule conduit à poser trois questions : comment les revenus se matérialisent-ils, qui porte les risques de retard et comment valoriser un actif peu liquide ? Une forêt ne devient pas un actif institutionnel uniquement parce qu’un investisseur public accepte une tranche subordonnée. La qualité de l’exploitation, la sécurité des droits et la gouvernance restent décisives.
Une opportunité à suivre pour les filières africaines
L’intérêt pour les entreprises forestières et de transformation sera lié aux pays effectivement retenus, aux tickets d’investissement et aux critères d’éligibilité. Aucun bénéficiaire camerounais ou congolais n’est annoncé dans cet appel. Présenter déjà le mécanisme comme une enveloppe nationale serait donc prématuré.
Le projet rejoint la question de la spécialisation des professionnels du capital-investissement et celle de la préparation des investissements de long terme. Le prochain jalon sera la sélection d’une équipe, puis la constitution effective du fonds. C’est seulement alors que l’intention de mobiliser des capitaux pourra être confrontée à des engagements contractuels.
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