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Finance de développement

Financement de l’eau en Afrique : la BAD remet la préparation des projets au premier plan

La stratégie 2026–2030 de la Facilité africaine de l’eau vise 75 à 120 millions d’euros de ressources de base. L’enjeu : rendre les projets finançables.

Par La rédaction3 min de lecture
Façade du siège de la Banque africaine de développement à Abidjan, photographiée en 2016
Siège de la BAD à Abidjan, janvier 2016. Photo : Citizen59 / Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Présentée le 27 octobre au Caire, la stratégie 2026–2030 de la Facilité africaine de l’eau remet les études, les montages et la préparation financière au centre du financement des infrastructures. Son besoin de ressources ne doit pas être confondu avec des engagements déjà mobilisés.

Par Nora Kémi

Avant de financer une station de traitement ou un réseau d’assainissement, un investisseur doit pouvoir comprendre qui paiera, qui exploitera l’ouvrage et quels risques resteront à la charge de chacun. C’est cette étape, peu visible mais décisive, que la Facilité africaine de l’eau entend renforcer avec sa stratégie 2026–2030.

La présentation organisée le 27 octobre 2026 pendant la Semaine de l’eau du Caire, puis rendue publique le 29 octobre, appelle à accroître les contributions africaines et la participation du secteur privé. La Facilité, gérée par la Banque africaine de développement, finance notamment la préparation technique et financière nécessaire pour transformer des priorités publiques en projets susceptibles d’attirer des capitaux.

Deux besoins de financement à distinguer

La stratégie identifie un besoin de financement de base compris entre 75 et 120 millions d’euros sur cinq ans. Elle mentionne séparément 300 millions de dollars pour capitaliser l’Initiative d’investissement pour l’assainissement urbain en Afrique. Ces enveloppes expriment des besoins ; elles ne constituent pas l’annonce de ressources intégralement levées, encore moins de chantiers déjà financés.

La distinction entre préparation et construction importe tout autant. Une étude de faisabilité réduit certaines incertitudes et rend possible une décision. Elle ne remplace ni un contrat d’exploitation robuste ni un financement de l’ouvrage. Pour une institution financière, engager des fonds exige que ces éléments se répondent.

La bancabilité se construit en amont

Une infrastructure utile n’est pas automatiquement finançable. Des recettes insuffisamment prévisibles, une répartition des responsabilités imprécise ou des hypothèses de demande fragiles peuvent empêcher la clôture d’un financement. L’analyse économique de la stratégie conduit ainsi à regarder la préparation comme un investissement dans la qualité du futur dossier, et pas seulement comme une dépense préalable.

Pour les banques et les investisseurs de long terme, cette approche peut faciliter l’examen des projets. Elle ne dispense pas de traiter l’accessibilité du service pour les usagers, les besoins éventuels de soutien public et la capacité réelle de l’opérateur à entretenir l’actif.

Mobiliser des capitaux sans confondre ambition et résultat

Le lancement au Caire donne une actualité nouvelle à une stratégie dont le document de référence avait été publié en décembre 2025. Il ne s’agit donc pas d’un texte entièrement conçu cette semaine. L’étape actuelle est celle de la mobilisation des partenaires et des moyens nécessaires à son exécution.

La question rejoint les enjeux de financement dans la monnaie des revenus et de structuration du financement de long terme. Pour apprécier les progrès, les décideurs devront suivre les contributions effectivement reçues, les dossiers préparés et les financements conclus. La mesure déterminante sera le passage d’un projet documenté à un service durablement exploité.

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