La RDC et les services du FMI ont conclu, le 4 novembre 2026, un accord préliminaire sur deux revues de leurs programmes. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, évalue à environ 771 millions USD le décaissement attendu, dont 240 millions pour la riposte à Ebola. Ces financements restent soumis aux approbations requises.
Par Nora Kémi
Kinshasa cherche à élargir sa marge de financement alors que les dépenses de sécurité et la réponse sanitaire pèsent sur le budget. L’enjeu du nouvel accord dépasse donc une tranche de prêt : les autorités demandent aussi davantage de ressources et un assouplissement des plafonds de déficit pour 2026 et 2027.
Deux revues franchissent l’étape technique
Les discussions conduites du 22 octobre au 4 novembre portent sur la quatrième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). La Banque centrale du Congo confirme l’accord au niveau des services et précise qu’il reste soumis à la Direction générale et au Conseil d’administration du FMI. L’examen par le Conseil est prévu en décembre 2026.
Le montant de 771 millions USD relève de l’annonce du ministre des Finances du 4 novembre, rapportée le 5 novembre. La ventilation d’environ 240 millions USD pour Ebola est également une estimation gouvernementale conditionnelle. Ces sommes ne doivent pas être inscrites parmi les ressources déjà décaissées.
Pourquoi les deux instruments sont mobilisés
La FEC soutient les pays à faible revenu confrontés à des difficultés prolongées de balance des paiements. La FRD intervient sur un horizon plus long pour accompagner des réformes réduisant les risques macroéconomiques, notamment climatiques et sanitaires. Les modalités de la FRD lient ainsi les financements à l’avancement des réformes et à un programme économique concomitant.
Dans le cas congolais, le relèvement d’accès demandé au titre de la FEC répond aux coûts supplémentaires et aux besoins de financement extérieur liés à la riposte sanitaire. Celui sollicité au titre de la FRD vise à renforcer la préparation et la réponse aux épidémies. Le communiqué de fin de mission du FMI, présente ces demandes comme devant être soumises au Conseil.
La contrainte reste aussi celle de l’exécution budgétaire
Le déficit budgétaire intérieur était resté sous le plafond programmé à fin juin 2026. La mission constate néanmoins des difficultés pour l’exécution du budget sur le reste de l’année. Elle demande d’accélérer les mesures de recettes, de maîtriser la masse salariale et de rationaliser les dépenses moins prioritaires.
La modernisation de la gestion publique fait également partie du chantier : limiter les procédures d’urgence, achever le déploiement du compte unique du Trésor et mieux encadrer les fonds spéciaux. Pour les entreprises qui travaillent avec l’État, ces sujets touchent à la visibilité des commandes et des paiements ; l’annonce d’un financement ne suffit pas à fixer leur calendrier de règlement.
Cette étape intervient après la sortie de la RDC de la liste grise du GAFI. Les deux procédures poursuivent des objectifs distincts. De même, les garanties Proparco–UE au bénéfice d’Ecobank RDC concernent le financement bancaire des PME et ne s’ajoutent pas à l’enveloppe attendue du FMI.
La prochaine décision déterminante sera celle du Conseil d’administration : montants autorisés, conditions et calendrier de décaissement permettront alors d’apprécier la ressource effectivement disponible pour la RDC.
Photo d’archives : siège du FMI à Washington, 14 juin 2013. Marek Ślusarczyk / Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Redimensionnement WordPress ; aucune scène de négociation représentée.




