BRVM : derrière les 14,7 milliards de FCFA distribués, la BIIC entre dans une nouvelle phase de risque

La Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce du Bénin s’apprête à transformer une année de forte croissance en rendement concret pour ses actionnaires. Le 31 juillet 2026, la BIIC mettra en paiement un dividende global de 14,705 milliards de FCFA, soit 254,6 FCFA nets par action, au titre de l’exercice 2025.
Cette distribution, la plus importante depuis son introduction à la BRVM le 28 avril 2025, intervient dans un contexte marqué par une progression de 25 % du bénéfice net et une forte accélération des crédits. Sous la conduite d’Arsène Mahougnon Dansou, qui dirige l’établissement depuis juillet 2022 et a piloté son entrée en Bourse, la banque ouvre ainsi une nouvelle séquence : celle où la croissance du bilan doit désormais se traduire durablement en valeur pour le marché.
Avec un capital composé de 57 759 800 actions, la BIIC confirme sa volonté de rémunérer ses investisseurs tout en préservant les ressources nécessaires à la poursuite de son expansion.
Le titre cotera ex-dividende à partir du jeudi 30 juillet 2026. Les investisseurs souhaitant bénéficier de cette rémunération devront donc acquérir des actions BIIC au plus tard le mercredi 29 juillet. Les ordres non exécutés encore présents dans le système de négociation seront ensuite annulés, conformément aux règles du marché.
Cette distribution représente environ 40,6 % du bénéfice net réalisé en 2025. La banque conservera ainsi près de 60 % de son résultat, une réserve importante pour soutenir son développement, renforcer ses fonds propres et accompagner la progression rapide de ses activités.
Un bénéfice net en hausse de 25 %
L’exercice 2025 s’est achevé sur un résultat net après impôts de 36,237 milliards de FCFA, contre 29,058 milliards en 2024. La progression atteint près de 25 % en un an.
Le produit net bancaire s’est établi à environ 53 milliards de FCFA, en hausse de 16,49 % par rapport aux 45,33 milliards enregistrés l’année précédente.
Le résultat brut d’exploitation a, pour sa part, progressé de 18 %, pour atteindre 36,371 milliards de FCFA. Le résultat d’exploitation s’est élevé à 41,446 milliards de FCFA, contre 30,662 milliards en 2024, soit une hausse de 35,17 %.
Ces performances traduisent une nette accélération de l’activité bancaire, portée principalement par la progression des financements accordés à la clientèle.
Les crédits dépassent 1 150 milliards de FCFA
Les prêts et créances à la clientèle ont augmenté de 37,3 %, passant de 839 milliards de FCFA en 2024 à 1 152 milliards de FCFA en 2025.
Dans le même temps, les dépôts de la clientèle ont progressé de 29,49 %, pour atteindre 1 181,045 milliards de FCFA, contre 912,439 milliards un an auparavant.
Le total du bilan s’est ainsi renforcé de 328 milliards de FCFA, passant de 1 517 milliards à 1 845 milliards de FCFA.
Cette croissance confirme le changement de dimension de la BIIC sur le marché bancaire béninois. Elle montre également que la banque mobilise davantage de ressources pour financer les entreprises, les institutions et les particuliers.
Elle impose toutefois une vigilance accrue. Lorsque les crédits progressent plus rapidement que les dépôts, la gestion de la liquidité, la qualité du portefeuille et le niveau des fonds propres deviennent des enjeux déterminants.
Des charges en augmentation
L’expansion de l’activité s’est accompagnée d’une hausse des charges d’exploitation.
Les frais de personnel ont atteint 4,239 milliards de FCFA, contre 3,997 milliards en 2024. Les frais généraux ont progressé de 14 %, pour s’établir à 16,434 milliards de FCFA.
Le poste du coût du risque est également passé de moins 198 millions de FCFA en 2024 à 5,075 milliards de FCFA en 2025. Son incidence exacte devra être appréciée à travers les états financiers détaillés de la banque, notamment pour distinguer les effets comptables des risques effectivement liés au portefeuille de crédits.
Cette question sera particulièrement suivie au regard de l’augmentation de plus de 37 % des financements accordés en une seule année.
Une première rémunération significative du marché
En distribuant 14,705 milliards de FCFA, la BIIC apporte une première réponse concrète aux investisseurs qui ont accompagné son introduction à la BRVM.
Le choix de ne distribuer qu’une partie du bénéfice traduit néanmoins une certaine prudence. La banque cherche à rémunérer ses actionnaires tout en conservant les ressources nécessaires à la poursuite de son expansion.
L’exercice 2025 aura donc été celui d’une forte croissance. Le défi des prochaines années sera de maintenir cette dynamique sans dégrader la qualité des actifs, la liquidité ou la maîtrise des risques.
Le dividende attendu le 31 juillet consacre une année rentable. La capacité de la BIIC à inscrire cette performance dans la durée déterminera désormais l’attractivité de son titre sur le marché régional.
Patrick Tchounjo



