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Boujmil : quatre banques marocaines financent le tournant éolien de TAQA

TAQA Morocco boucle le financement d’une première phase de 96 MW à Boujmil. Quatre banques participent à ce projet estimé à 1,3 milliard de dirhams.

Éoliennes du parc Amogdoul près d’Essaouira, au Maroc, photographiées en août 2007.
Parc éolien Amogdoul, Essaouira, 1er août 2007. Photo d’archive illustrative, sans représentation de Boujmil. sqala / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0. Original non retouché.
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Banque Centrale Populaire, Attijariwafa bank, Bank of Africa et Saham Bank participent au premier financement vert de TAQA Morocco. Annoncé le 3 novembre 2026, le bouclage concerne la première phase du parc éolien de Boujmil : 96 MW, pour un investissement d’environ 1,3 milliard de dirhams. La première fourniture d’électricité est prévue au second semestre 2027.

Par Malik Séna

Le dossier place quatre établissements marocains autour d’un même actif industriel. Pour les banques, l’enjeu est de financer un projet dont les recettes d’exploitation arriveront après les dépenses de construction. Pour TAQA Morocco, il s’agit de convertir sa diversification énergétique en infrastructure financée, puis en production commercialisable.

Un coût de projet distinct du montant des crédits

La communication officielle du 3 novembre confirme la finalisation des accords contractuels et financiers. Elle ne détaille toutefois ni le montant de dette mobilisé, ni la part de chaque banque, ni les taux et maturités. Les 1,3 milliard de dirhams correspondent à l’investissement annoncé : les présenter comme le montant exact des prêts serait incorrect.

Cette distinction change la lecture du risque. Le coût total d’un projet décrit les ressources nécessaires à sa réalisation ; la structure de financement précise qui les apporte et à quelles conditions. Sans ventilation entre capitaux et dette, il n’est pas possible de calculer le levier financier de Boujmil ou son coût moyen de financement.

Quatre prêteurs, un calendrier à tenir

Réunir plusieurs banques permet de répartir l’exposition entre bilans. Ce partage ne supprime pas les risques propres à l’actif : un retard peut repousser les recettes, une dépense supplémentaire peut modifier les besoins de trésorerie et une production inférieure aux hypothèses peut peser sur la capacité de remboursement. L’analyse dépend donc autant des contrats que de la capacité installée.

Le financement des centrales solaires IPP50 au Bénin illustre, dans un autre montage, l’importance du passage entre accords financiers et revenus d’exploitation. Les deux opérations ne doivent pas être assimilées : leurs prêteurs et leurs architectures contractuelles diffèrent.

Une société de projet dédiée, sans présumer les garanties

La construction, puis l’exploitation et la maintenance, passeront par TAQA Morocco Wind Corporation. Le parc pourrait atteindre 144 MW à terme. Cette capacité cible doit être distinguée de la première phase financée.

L’existence d’une société de projet identifie le véhicule opérationnel. Elle ne démontre pas que les prêteurs n’ont aucun recours contre le groupe, ni que toutes les garanties portent exclusivement sur l’actif. De même, la qualification de financement vert ne suffit pas à établir une réduction du taux d’intérêt : les conditions économiques des crédits ne sont pas publiées.

La mobilisation de banques nationales ouvre enfin une question sur la monnaie et le calendrier des ressources. Notre dossier sur le financement en dirhams développé par la BAD explique l’intérêt de rapprocher dette et recettes. Pour Boujmil, l’annonce ne détaille pas la devise contractuelle des prêts. Le prochain jalon sera la réalisation du programme et la tenue du calendrier de première fourniture, plutôt qu’une nouvelle annonce de capacité.

Photo d’archive : parc éolien Amogdoul, Essaouira, 1er août 2007. sqala / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0. Cette image illustrative ne représente pas Boujmil. Original non retouché.

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