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Finance

Côte d’Ivoire : 80 milliards FCFA recherchés le 3 novembre, priorité aux obligations

La Côte d’Ivoire vise 80 milliards FCFA le 3 novembre 2026, dont 70 milliards d’obligations. Répartition, coupons et enjeux de l’adjudication.

Par La rédaction3 min de lecture
Vue du quartier du Plateau à Abidjan et de la lagune Ébrié, en décembre 2020.
Photo de contexte : Abidjan, 16 décembre 2020. Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie non modifiée.

La Côte d’Ivoire recherchera 80 milliards FCFA le 3 novembre 2026 sur le marché des titres publics de l’UMOA. L’offre prévoit 70 milliards d’obligations et 10 milliards de bons à 364 jours. Cette répartition annoncée reste un objectif : les montants retenus et les rendements ne seront connus qu’après l’adjudication.

La maturité de sept ans reçoit la plus grande allocation prévue : 30 milliards FCFA, contre 20 milliards pour chacune des obligations à trois et cinq ans. Le Trésor ivoirien présente ainsi une offre orientée vers le financement obligataire, qui représente 87,5 % des 80 milliards recherchés, d’après les montants de l’avis d’appel d’offres daté du 29 octobre.

La BCEAO a publié l’annonce le 30 octobre. Les soumissions seront reçues le mardi 3 novembre jusqu’à 10 h 30 TU sur SAGETIL-UMOA, pour une date de valeur au 4 novembre. Il s’agit d’un financement à venir, et non d’une levée déjà réalisée.

Une répartition qui cherche à étaler les échéances

Le programme associe quatre durées : 364 jours, trois ans, cinq ans et sept ans. Les obligations arriveront à échéance les 4 novembre 2029, 2031 et 2033. Leur capital sera remboursé in fine, tandis que les intérêts seront versés annuellement dès la fin de la première année.

Pour l’État, diversifier les durées permet de répartir les besoins de remboursement dans le temps. La part réservée au sept ans peut contribuer à éloigner une partie du refinancement. Mais cette intention ne préjuge ni de la demande des investisseurs ni des prix que le Trésor acceptera finalement.

La dernière opération rappelle cette marge d’arbitrage. Lors de l’adjudication ivoirienne du 27 octobre, le Trésor avait retenu 93,5 milliards FCFA et rejeté toutes les soumissions sur les bons à un an. Ce résultat ne permet pas de prédire celui du 3 novembre : l’émetteur propose de nouveau une tranche courte.

Les coupons ne fixent pas le rendement final

Les OAT à trois, cinq et sept ans portent respectivement des coupons de 5,20 %, 5,45 % et 5,70 %. Leur valeur nominale unitaire est de 10 000 FCFA. Les termes et conditions de l’émission prévoient des soumissions à prix multiples pour les obligations et à taux multiples pour les bons.

Le coupon détermine l’intérêt annuel calculé sur le nominal. Le rendement dépend aussi du prix payé : une acquisition sous le pair peut produire un rendement supérieur au coupon. Les taux affichés dans l’avis ne constituent donc ni le rendement final offert à chaque investisseur ni le coût complet du financement pour l’État.

Le BAT a une valeur nominale unitaire d’un million de FCFA. Ses intérêts sont précomptés et payables d’avance. Pour les investisseurs autres que les intermédiaires agréés, l’accès au marché primaire passe par ces derniers ; la coupure nominale ne résume pas à elle seule les conditions commerciales de souscription.

Le résultat devra être lu par tranche

L’opération vise la couverture des besoins de financement du budget ivoirien, sans affectation détaillée à un projet dans les conditions publiées. Elle précède l’adjudication de 30 milliards FCFA prévue au Burkina Faso le 4 novembre, autre sollicitation de l’épargne régionale.

Pour apprécier l’accueil du marché, il faudra comparer les offres reçues, les montants acceptés et les rendements sur chaque maturité. Un total élevé peut masquer une concentration sur une seule durée. La négociabilité des titres ne garantit par ailleurs ni une revente immédiate ni un prix stable avant l’échéance.

Par Malik Séna

Photo de contexte : quartier du Plateau à Abidjan, 16 décembre 2020. Crédit : Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie d’archives non modifiée.

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