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Finance

Côte d’Ivoire : le Trésor lève 93,5 milliards FCFA et écarte les bons à un an

Le Trésor ivoirien retient 93,5 milliards FCFA le 27 octobre, rejette tous les bons à un an et concentre 85 % de sa levée sur l’OAT à cinq ans.

Par La rédaction4 min de lecture
Vue du quartier du Plateau à Abidjan et de la lagune Ébrié, en décembre 2020.
Photo de contexte : Abidjan, 16 décembre 2020. Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie non modifiée.

La Côte d’Ivoire a mobilisé 93,5 milliards FCFA sur le marché des titres publics de l’UMOA lors de l’adjudication du 27 octobre 2026, soit 8,5 milliards de plus que l’objectif annoncé. Le Trésor a écarté l’intégralité des offres sur les bons à un an et concentré 85 % du montant retenu sur l’obligation à cinq ans, rémunérée à un rendement moyen de 7,04 %.

Par Malik Séna

Le résultat dépasse le montant recherché, mais il révèle surtout un arbitrage précis entre maturité et coût. Face à 151,152 milliards FCFA de soumissions pour une cible de 85 milliards, l’État ivoirien n’a retenu que 93,5 milliards. Le taux de couverture atteint ainsi 177,83 %, tandis que le taux d’absorption s’établit à 61,86 % : près de quatre francs proposés sur dix ont été rejetés.

Le compte rendu officiel d’UMOA-Titres montre une répartition très inégale entre les quatre lignes proposées. Les 38 milliards FCFA de demandes sur les bons à 364 jours ont été entièrement écartés. Le document ne publie pas les taux demandés sur cette tranche et ne donne pas la raison de ce rejet. Il serait donc excessif d’y voir, sans autre information, un désintérêt pour le financement à court terme.

Le cinq ans absorbe 79,55 milliards FCFA

L’obligation à cinq ans constitue le cœur de l’opération. Les investisseurs ont proposé 82,05 milliards FCFA sur cette maturité, et le Trésor en a retenu 79,55 milliards, soit un taux d’absorption de 96,95 %. Cette seule ligne représente 85,1 % du financement total effectivement levé.

Son coupon facial est fixé à 5,45 %, mais le prix moyen pondéré de 93,5041 % de la valeur nominale porte le rendement moyen à 7,04 %. La différence est essentielle : le coupon détermine les intérêts annuels versés sur le nominal, tandis que le rendement intègre le prix payé par l’investisseur. Un titre acquis sous le pair offre donc un rendement supérieur à son coupon, à condition d’être conservé dans les conditions prévues jusqu’à l’échéance.

Sur l’obligation à trois ans, 6,983 milliards FCFA ont été retenus sur 24,135 milliards proposés. Le rendement moyen atteint 6,37 % pour un coupon de 5,20 %. À sept ans, l’intégralité des 6,967 milliards FCFA soumis a été acceptée, avec un rendement moyen de 7,11 % pour un coupon de 5,70 %.

Une demande majoritairement déposée en Côte d’Ivoire

Les soumissions retenues depuis la Côte d’Ivoire totalisent environ 82 milliards FCFA, soit 87,7 % du montant final. Le Bénin contribue à hauteur de 5,31 milliards, le Burkina Faso et le Mali de 2 milliards chacun, et le Sénégal de 2,185 milliards. Cette ventilation mesure le lieu de soumission déclaré dans le compte rendu, pas nécessairement la nationalité économique du porteur final.

La structure obtenue prolonge une tendance déjà observée dans les précédentes opérations régionales : les États peuvent dépasser leur cible lorsque la demande et les conditions leur paraissent acceptables, tout en refusant certaines tranches. En mars, la Côte d’Ivoire avait déjà mobilisé près de 88 milliards FCFA lors d’une adjudication distincte. Plus récemment, une opération groupée avait montré la préférence des investisseurs pour les obligations du Trésor au détriment des maturités courtes.

Un financement supérieur à la cible, mais pas à coût facial

Pour les dirigeants financiers et les investisseurs, le signal central n’est donc pas seulement le dépassement de l’objectif. La Côte d’Ivoire obtient 93,5 milliards FCFA et allonge la durée de son financement, mais les rendements acceptés se situent entre 6,37 % et 7,11 %, au-dessus des coupons affichés en raison des décotes de prix.

Cette configuration protège le Trésor contre une dépendance excessive au refinancement à douze mois, tout en fixant des charges d’intérêt sur plusieurs années. Le compte rendu ne précise ni l’affectation budgétaire des fonds ni leur coût global après commissions. Ces éléments restent nécessaires pour apprécier pleinement l’impact de l’opération sur la stratégie de dette ivoirienne.

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