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Finance

CEMAC : le crédit atteint 13 742,8 milliards FCFA, mais les réserves reculent

Le crédit en CEMAC atteint 13 742,8 milliards FCFA à fin 2025. Maturités, financement des États et réserves extérieures encadrent cette progression.

Par La rédaction4 min de lecture
Illustration conceptuelle d’une balance entre financement bancaire, dette publique et réserves extérieures
Illustration générée par IA pour ONLY BENKI

Le crédit à l’économie de la CEMAC a atteint 13 742,8 milliards FCFA à fin décembre 2025. Cette expansion s’accompagne toutefois d’un recul des avoirs extérieurs et d’une hausse du financement des États, deux contraintes qui encadrent la capacité des banques à prolonger durablement le mouvement.

Le bilan monétaire régional progresse, mais son équilibre se fragilise. Dans son Bulletin économique et statistiques n° 28 publié le 30 octobre 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale rassemble des données arrêtées principalement à fin 2025 et des perspectives pour 2026. Le document ne décrit donc pas la situation d’octobre : il permet d’examiner la structure financière avec laquelle la CEMAC a abordé l’année.

La masse monétaire a atteint 22 668,4 milliards FCFA, en hausse de 7,7 % sur un an. Les crédits à l’économie se sont établis à 13 742,8 milliards. Le tableau statistique de la BEAC mesure leur progression à 10,3 %, contre un passage du texte qui mentionne 10,7 %. Les encours publiés — 12 455,0 milliards en décembre 2024 et 13 742,8 milliards un an plus tard — correspondent bien à une augmentation proche de 10,3 %. Le taux de 10,7 % concerne, dans le même tableau, les crédits à court terme.

Le court terme domine encore le financement

Les crédits à court terme totalisent 7 618,0 milliards FCFA, soit environ 55,4 % de l’encours. Le moyen terme représente 5 615,4 milliards et le long terme 509,4 milliards. Ce dernier compartiment progresse rapidement, de 24,3 %, mais il ne pèse encore qu’environ 3,7 % du crédit total.

Pour les dirigeants, cette structure est décisive. Une croissance du crédit peut soutenir le fonds de roulement, les stocks et les besoins commerciaux sans répondre suffisamment aux investissements industriels, numériques ou énergétiques qui exigent des maturités longues. Le volume global ne dit pas non plus comment les financements sont répartis entre pays, banques, grandes entreprises, PME et ménages.

Les États absorbent aussi davantage de ressources

Les créances nettes du système monétaire sur les États ont progressé de 9,4 % pour atteindre 11 235,3 milliards FCFA. La BEAC relie cette évolution aux investissements publics, aux politiques sociales, aux dépenses sécuritaires, aux émissions de titres et au financement bancaire direct. Elle signale en parallèle un risque d’éviction du secteur privé et des pressions possibles sur la liquidité bancaire.

L’enjeu n’oppose pas mécaniquement financement public et crédit privé : les infrastructures peuvent soutenir l’activité et améliorer la solvabilité des entreprises. Mais lorsque banques et investisseurs mobilisent davantage de ressources pour les États, le coût, la durée et les garanties des financements privés deviennent des variables encore plus sensibles. La récente adjudication de 750,9 milliards FCFA de la BEAC montre d’ailleurs que la gestion de la trésorerie bancaire demeure un sujet actif en 2026.

La contrainte extérieure limite la lecture optimiste

Les avoirs extérieurs nets du système monétaire ont reculé de 15,1 %, à 2 835,1 milliards FCFA. Les réserves de change ont diminué de 13,2 %, à 6 332,4 milliards. Elles couvraient 4,22 mois d’importations, contre 4,86 mois un an plus tôt, tandis que le taux de couverture extérieure de la monnaie revenait de 74,9 % à 64,9 %.

Cette érosion impose une lecture prudente de l’expansion du crédit. Dans une union à change fixe, la qualité des entrées de devises, le rapatriement des recettes d’exportation et le contenu importé des investissements influencent la marge de manœuvre monétaire. Le développement du marché régional, y compris le projet d’élargissement de la pension livrée aux gestionnaires d’actifs, peut améliorer la circulation de la liquidité sans remplacer la reconstitution des réserves extérieures.

Une amélioration attendue en 2026, encore prévisionnelle

La BEAC projette pour 2026 une croissance régionale de 2,9 %, une inflation de 2,3 % et des réserves en hausse de 9,9 %, à 6 958,5 milliards FCFA. La couverture remonterait à 4,52 mois d’importations. Ces chiffres restent des prévisions, non des réalisations.

Pour les banques, investisseurs et entreprises, le véritable indicateur sera donc moins la seule progression du crédit que sa composition : maturité, coût, secteurs financés, qualité des portefeuilles et capacité des projets à générer des revenus en devises. C’est sur ces dimensions que se mesurera la solidité du financement de la CEMAC.

Par Nora Kémi

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