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UEMOA : l’inclusion financière atteint 76,1 %, loin de la seule bancarisation

Le rapport BCEAO publié le 26 octobre porte l’inclusion financière à 76,1 % en 2025. Monnaie électronique, bancarisation et écarts nationaux : les chiffres à distinguer.

Par La rédaction3 min de lecture
Illustration conceptuelle d’un téléphone bleu relié à une banque et à plusieurs points de services.
Illustration générée par IA pour ONLY BENKI

Dans l’UEMOA, 76,1 % des adultes sont couverts par l’indicateur global d’utilisation des services financiers en 2025, contre 73,6 % en 2024. Publié le 26 octobre 2026, le rapport annuel de la BCEAO montre une progression portée par la monnaie électronique, tandis que le taux de bancarisation strict reste à 26,9 %.

Le premier chiffre raconte l’élargissement de l’accès au système financier. Le second rappelle que cette ouverture emprunte plusieurs portes. Un compte de monnaie électronique, un compte de microfinance et un compte bancaire ne donnent pas automatiquement accès aux mêmes services. Pour les établissements qui cherchent de nouveaux clients, cette distinction change la manière de lire le marché.

Trois indicateurs pour trois périmètres

Le taux de bancarisation strict mesure la détention de comptes auprès des banques, services postaux, caisses nationales d’épargne et du Trésor. Il était de 25,2 % en 2024. Le taux élargi, qui intègre la microfinance, atteint 50,6 % en 2025, après 47,4 %. L’indicateur global ajoute les services de monnaie électronique.

Il serait donc incorrect de présenter les 76,1 % comme la part des adultes disposant d’un compte bancaire. De même, additionner les taux des différents prestataires compterait plusieurs fois certains utilisateurs. Le rapport présente un indicateur global corrigé de la multibancarité : les populations des différents canaux se recouvrent.

Le Bénin et le Togo en tête, le Niger progresse

Les écarts nationaux demeurent importants. L’inclusion financière atteint 92,8 % au Bénin, 90,7 % au Togo, 88,7 % en Côte d’Ivoire et 88 % au Sénégal. Elle s’établit à 81,8 % au Burkina Faso, 79,5 % en Guinée-Bissau, 61,9 % au Mali et 26,2 % au Niger.

Le Niger enregistre néanmoins la plus forte progression annuelle, avec 8,7 points de pourcentage supplémentaires. La BCEAO relie cette évolution aux partenariats entre banques et émetteurs de monnaie électronique, notamment pour les transferts entre comptes bancaires et portefeuilles mobiles. Le taux d’utilisation de la monnaie électronique atteint 60,3 % à l’échelle de l’Union.

Pour les opérateurs, transformer l’accès en relation durable

L’analyse de ces résultats fait apparaître un enjeu commercial : disposer d’un canal de paiement ne suffit pas à construire une relation d’épargne ou de financement. La prochaine étape se joue dans la continuité entre services, leur coût et la compréhension des conditions par le client. Les travaux sur l’interopérabilité des paiements au Sénégal éclairent cette recherche de connexions entre acteurs.

La même prudence s’impose lorsqu’on passe du paiement à l’investissement. L’accès à un portefeuille mobile ne prouve ni la détention d’une épargne disponible ni la capacité à supporter un risque de marché, comme l’illustre le dossier sur les passerelles entre mobile money et investissement boursier.

Enfin, ces données décrivent l’année 2025, pas la situation instantanée d’octobre 2026. Elles permettent de mesurer une progression régionale ; elles ne démontrent pas, à elles seules, une amélioration identique de la qualité de service ou de l’accès au crédit pour chaque ménage.

Par Ariane Noma

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