Afriland First Bank : Zavier Ngueutheu prend les commandes du pari centrafricain

Après quinze années construites au sein d’Afriland First Bank Cameroun, Zavier Ngueutheu prend la direction de la nouvelle succursale du groupe en République centrafricaine. Derrière cette promotion interne se joue une ambition plus large : transformer Bangui en première étape d’une nouvelle offensive régionale dans la CEMAC.
Entre Bertoua et Bangui, la distance géographique est relativement courte. Sur le plan bancaire, le passage est autrement plus exigeant. Il impose de quitter la gestion d’une agence solidement installée pour construire une institution sur un marché nouveau, d’adapter des méthodes éprouvées à une économie différente et de convertir la réputation d’un groupe en confiance locale.
C’est cette mission qu’Afriland First Bank vient de confier à Zavier Ngueutheu.
L’ancien directeur de l’agence de Bertoua prend les commandes de la succursale centrafricaine de la banque, opérationnelle depuis juin 2026. Cette implantation constitue une étape importante pour le groupe camerounais, qui entend renforcer progressivement sa présence au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.
La nomination de Zavier Ngueutheu n’a rien d’un choix improvisé. Elle récompense quinze années de carrière au sein d’Afriland First Bank, mais traduit surtout une lecture stratégique du profil nécessaire pour réussir à Bangui : un banquier formé dans le réseau, habitué aux réalités du terrain et capable de comprendre les besoins concrets des entreprises comme des particuliers.
De Bertoua à Bangui, la continuité d’un parcours
La dernière fonction exercée par Zavier Ngueutheu avant cette nomination lui donne une longueur d’avance. Bertoua occupe une position importante sur le corridor commercial reliant le Cameroun à la République centrafricaine. Cette expérience l’a placé au contact d’opérateurs économiques évoluant dans un environnement marqué par les échanges transfrontaliers, les contraintes logistiques et les besoins de financement du commerce régional.
Son arrivée à Bangui apparaît ainsi moins comme une rupture que comme un changement d’échelle.
Afriland First Bank mise sur un dirigeant qui connaît les métiers de proximité, la collecte des dépôts, l’accompagnement des petites et moyennes entreprises ainsi que les impératifs de maîtrise du risque. Dans un marché encore étroit, cette connaissance du terrain pourrait se révéler plus déterminante qu’une stratégie de conquête uniquement conçue depuis le siège.
Construire une banque, pas seulement ouvrir une succursale
La structure centrafricaine a été dotée d’un capital de 2,15 milliards de FCFA. Son installation porte à cinq le nombre de banques présentes sur le marché local.
Mais l’enjeu dépasse largement l’ouverture d’un nouveau point de présence. Zavier Ngueutheu devra installer durablement la marque, structurer les équipes, attirer les premiers clients, développer le portefeuille de crédits et construire une relation de confiance avec les entreprises, les institutions et les particuliers.
La mission suppose également une grande discipline. La République centrafricaine offre des perspectives importantes en matière de bancarisation, de financement des PME, de digitalisation des paiements et d’accompagnement des échanges régionaux. Elle reste toutefois un environnement où la croissance doit être conciliée avec une gestion rigoureuse des risques.
Le nouveau dirigeant devra donc avancer vite, sans précipitation : conquérir des parts de marché sans affaiblir les standards de crédit, développer les financements sans perdre de vue la qualité des actifs et adapter le modèle Afriland aux réalités centrafricaines.
Une succursale dotée de 2,15 milliards de FCFA
La nouvelle implantation centrafricaine a été dotée d’un capital de 2,15 milliards de FCFA. Elle s’inscrit dans la volonté d’Afriland First Bank d’étendre progressivement son modèle au-delà du marché camerounais et de renforcer sa présence dans la zone CEMAC.
Sous la direction de Zavier Ngueutheu, la succursale devra développer trois principaux axes d’activité : le financement des entreprises, les services bancaires destinés aux particuliers et la banque numérique.
Ce positionnement répond aux besoins d’un marché offrant encore d’importantes perspectives en matière de bancarisation, de financement des PME et de digitalisation des transactions. Pour Afriland First Bank, l’enjeu sera de proposer une offre suffisamment adaptée aux réalités locales, tout en s’appuyant sur l’expertise et les méthodes développées au Cameroun.
Le projet dépasse donc l’ouverture d’un simple point de présence. Il s’agit de construire une banque capable de répondre aux besoins des entreprises, des institutions et des particuliers, tout en facilitant les opérations économiques entre le Cameroun et la République centrafricaine.
Le premier test d’une ambition régionale
À travers cette implantation, Afriland First Bank ne cherche pas seulement à ajouter un pays à sa carte. La banque veut démontrer que son expérience acquise au Cameroun peut devenir une plateforme d’expansion dans la CEMAC.
Bangui sera, à ce titre, un marché test. Le succès de la succursale devra confirmer la capacité du groupe à exporter ses méthodes, à accompagner les flux transfrontaliers et à construire une présence régionale cohérente. Le Tchad et le Congo figurent déjà parmi les prochaines destinations évoquées dans cette dynamique d’expansion.
Zavier Ngueutheu hérite ainsi d’une responsabilité qui dépasse sa seule fonction. Il devra donner une traduction opérationnelle à l’ambition régionale d’Afriland First Bank.
Sa nomination raconte aussi une certaine idée du leadership bancaire africain : celle d’un dirigeant qui ne s’est pas construit dans le spectacle, mais dans la durée, au contact des clients, des équipes et des territoires. À Bangui, il ne lui est pas seulement demandé de diriger une succursale. Il lui revient de prouver qu’un banquier de terrain peut devenir l’un des artisans d’une conquête régionale.
Patrick Tchounjo



