Assurances

Avec « Djonan Djonan », Teyi Lawson veut abolir l’attente après l’accident

Avec « Djonan Djonan », AXA Côte d’Ivoire promet d’indemniser en quelques heures certains sinistres automobiles de faible gravité. Derrière cette solution lancée le 23 juillet à Abidjan, Teyi Lawson engage surtout une transformation plus profonde : faire du règlement, souvent perçu comme le maillon faible de l’assurance, un levier de confiance, d’efficacité et de différenciation.

Dans l’assurance, tout se joue rarement au moment de la signature du contrat. Le véritable jugement intervient après l’accident, lorsque l’assuré attend de voir si la promesse commerciale résistera à l’épreuve du sinistre.

C’est sur ce terrain, sensible et décisif, que Teyi Lawson choisit d’avancer.

Le directeur général d’AXA Côte d’Ivoire vient de lancer « Djonan Djonan », une solution d’indemnisation accélérée destinée à certains sinistres automobiles. Inspiré d’une expression malinké renvoyant à la rapidité et à l’empressement, le nom annonce clairement l’ambition : réduire à quelques heures un parcours qui peut traditionnellement s’étendre sur plusieurs jours.

L’innovation paraît simple. Elle touche pourtant au cœur du modèle assurantiel.

Le chiffre qui a déclenché la décision

La stratégie repose d’abord sur une réalité statistique. Selon Teyi Lawson, plus de 60 % des sinistres enregistrés par AXA Côte d’Ivoire concernent, après expertise, des dommages inférieurs à 800 000 FCFA.

« Plus de 60 % des sinistres enregistrés par la compagnie concernent des dommages inférieurs à 800 000 FCFA après expertise. Avec Djonan Djonan, votre argent n’attend plus ! »

Derrière cette formule se trouve une lecture précise du portefeuille automobile de la compagnie. Les petits sinistres représentent des montants limités, mais leur fréquence mobilise une part importante des équipes, des experts et des procédures administratives.

En les traitant plus rapidement, AXA peut répondre à une attente forte des automobilistes tout en améliorant son efficacité interne. Le projet ne se limite donc pas à accélérer le paiement. Il cherche à simplifier toute la chaîne de décision.

Cette approche porte la marque de Teyi Lawson, dirigeant issu des métiers du risque, de l’actuariat et de la finance. Son pari consiste à appliquer une logique industrielle à une catégorie de dossiers suffisamment fréquente et standardisée pour être traitée autrement.

De l’accident au Mobile Money

Le parcours commence dès les premières minutes suivant le sinistre.

L’assuré contacte l’assistance AXA, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Un facilitateur est envoyé sur place afin d’accompagner les conducteurs, de recueillir les informations, de photographier les dommages et d’aider à remplir le constat amiable.

Une fois le dossier transmis, un expert évalue les dégâts dans un délai maximal annoncé de deux heures. La proposition d’indemnisation est ensuite adressée à l’assuré. Après son acceptation, le paiement est déclenché et versé en moins de deux heures sur son compte Mobile Money.

Cette articulation entre assistance humaine, expertise rapide et paiement numérique constitue la véritable innovation du dispositif. AXA ne se contente pas de dématérialiser un formulaire. La compagnie réorganise plusieurs métiers autour d’un objectif unique : raccourcir le délai entre le dommage et la disponibilité de l’argent.

Pour un automobiliste, cette vitesse peut représenter davantage qu’un gain de confort. Lorsqu’un véhicule sert à travailler, transporter des marchandises ou assurer les déplacements quotidiens d’une famille, chaque journée d’immobilisation peut produire une perte économique.

Une promesse forte, mais strictement encadrée

« Djonan Djonan » ne concerne pas tous les accidents.

La solution est réservée aux assurés disposant d’une formule Assistance comprenant l’option d’aide au constat et d’envoi d’un facilitateur. Elle vise les sinistres dont les dommages ne dépassent pas 800 000 FCFA, lorsque le véhicule reste en état de circuler et qu’aucun blessé ni décès n’est enregistré.

Le dispositif peut notamment s’appliquer aux garanties Tous risques, Recours anticipé ou Aide à la réparation. Pour les dossiers relevant du recours anticipé, le véhicule adverse doit être identifié, assuré en Côte d’Ivoire et reconnu entièrement responsable après l’analyse du constat.

Les carambolages, les délits de fuite, les accidents corporels, les véhicules immobilisés, non assurés, administratifs ou couverts à l’étranger restent exclus.

Ces restrictions ne sont pas secondaires. Elles permettent à AXA de concentrer l’indemnisation accélérée sur des situations où les faits, les responsabilités et le coût du dommage peuvent être établis rapidement.

La vitesse exige en effet une sélection rigoureuse. Plus le paiement est rapide, plus les mécanismes de contrôle, d’expertise et de prévention de la fraude doivent être solides.

Teyi Lawson déplace la concurrence vers l’exécution

À travers ce lancement, Teyi Lawson positionne AXA Côte d’Ivoire sur un terrain où les assureurs sont directement comparables : la qualité du règlement.

Les garanties automobiles peuvent sembler proches d’une compagnie à l’autre. Les tarifs peuvent également être ajustés. Mais la capacité à intervenir rapidement après un accident, à expliquer clairement la procédure et à indemniser sans délai excessif constitue une expérience immédiatement perceptible par le client.

« Djonan Djonan » cherche ainsi à déplacer la compétition du prix de la prime vers la qualité de l’exécution.

Cette orientation traduit aussi une évolution plus large du secteur. Pendant plusieurs années, la transformation numérique de l’assurance s’est principalement concentrée sur la souscription, le paiement des primes ou l’émission des attestations. AXA pousse désormais la digitalisation jusqu’au moment le plus important : celui du sinistre.

Le recours au Mobile Money renforce cette logique. Plutôt que d’imposer un déplacement en agence, l’attente d’un chèque ou un circuit bancaire supplémentaire, la compagnie utilise une infrastructure déjà intégrée aux usages financiers de millions d’Ivoiriens.

L’épreuve du déploiement

Dans sa première phase, le service est disponible à Abidjan, Grand-Bassam, Bouaké, Korhogo et San Pedro. Son extension à d’autres localités dépendra de la capacité d’AXA et de ses prestataires à maintenir les mêmes standards d’intervention, d’expertise et de paiement.

C’est là que se situera le véritable test du projet.

Une promesse d’indemnisation en quelques heures peut produire un impact commercial important. Mais elle peut également fragiliser la relation de confiance si elle n’est pas tenue de manière constante. La disponibilité des facilitateurs, la qualité des constats, la rapidité des experts et la sécurité des règlements devront progresser au même rythme que le nombre de bénéficiaires.

Pour Teyi Lawson, l’enjeu dépasse donc le lancement d’une offre. Il s’agit de transformer une innovation ponctuelle en discipline opérationnelle.

Avec « Djonan Djonan », AXA Côte d’Ivoire ne prétend pas éliminer toute la complexité de l’assurance automobile. La compagnie choisit plutôt de supprimer cette complexité là où elle n’est plus nécessaire.

Si le dispositif atteint ses objectifs, il pourrait installer une nouvelle référence sur le marché ivoirien : pour les petits sinistres clairement documentés, attendre plusieurs jours ne serait plus une fatalité. L’indemnisation rapide deviendrait alors non plus une exception commerciale, mais un standard attendu.

Patrick Tchounjo

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