Côte d’Ivoire : le Fonds vert pour le climat approuve 50 millions de dollars pour transformer l’agriculture

La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de financement climatique. Lors de sa 45e réunion tenue à Douchanbé, au Tadjikistan, le Conseil d’administration du Fonds vert pour le climat a approuvé un financement de 50 millions de dollars, soit près de 28 milliards FCFA, en faveur du pays. Ce feu vert institutionnel ne représente pas seulement une enveloppe financière supplémentaire. Il consacre la capacité ivoirienne à présenter des projets climatiques répondant aux exigences des grands mécanismes internationaux.
Ce financement permettra le lancement du projet LARACI, consacré au renforcement de la gestion durable des terres et des systèmes agroalimentaires résilients au changement climatique en Côte d’Ivoire. Le programme, prévu sur cinq ans, sera piloté par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, avec le FIRCA comme entité d’exécution et le CGIAR System Organization comme entité accréditée auprès du Fonds vert pour le climat.
L’importance de cette décision tient aussi à l’organe qui l’a validée. Le Fonds vert pour le climat est l’un des principaux instruments financiers internationaux dédiés à l’adaptation et à l’atténuation climatiques dans les pays en développement. Il est gouverné par un Conseil de 24 membres, appuyé par un secrétariat, chargé d’arbitrer les financements selon des critères techniques, climatiques et institutionnels exigeants.
Pour Abidjan, l’enjeu est stratégique. L’agriculture demeure un pilier économique et social, mais elle est exposée à la variabilité des pluies, à la dégradation des terres, à la pression sur les rendements et aux risques pesant sur la sécurité alimentaire. LARACI veut répondre à cette vulnérabilité par une agriculture plus productive, mieux informée et moins émettrice.
Le projet ciblera notamment les régions du N’Zi, du Moronou, de l’Iffou, de la Mé et de Gbêkê. Il devrait bénéficier directement à 147 000 personnes et indirectement à 441 000 bénéficiaires. Sur le plan environnemental, l’impact attendu est évalué à 3,8 millions de tonnes équivalent CO₂ évitées ou réduites sur la durée de vie du projet.
Les ressources mobilisées financeront plusieurs leviers concrets : renforcement du réseau national d’observation agrométéorologique, développement de conseils agroclimatiques pour les producteurs, diffusion d’informations climatiques adaptées, restauration des terres dégradées, agroforesterie, amélioration durable de la fertilité des sols et accès accru aux financements pour l’agriculture intelligente face au climat. Les chaînes de valeur du riz, du manioc et de l’igname figurent parmi les priorités.
Au-delà du projet, cette approbation renforce le positionnement de la Côte d’Ivoire comme acteur africain de premier plan dans la mobilisation des financements climatiques. Elle intervient après la désignation d’Abidjan pour accueillir le bureau régional Afrique du Fonds vert pour le climat, un signal institutionnel majeur. Le pays consolide ainsi une ambition claire : faire du financement climatique non seulement un outil environnemental, mais un levier de compétitivité agricole, de sécurité alimentaire et de développement durable.
Patrick Tchounjo
