SAA : sous Youcef Benmicia, le capital grimpe à 40 milliards de dinars pour couvrir les risques de demain

La Société Nationale d’Assurance porte son capital social de 35 à 40 milliards de dinars algériens par incorporation de réserves. Sous la direction de Youcef Benmicia, l’opération consolide la solidité financière du premier assureur du pays, mais ouvre surtout une nouvelle phase : transformer cette puissance bilancielle en capacité d’innovation, de couverture des grands risques et d’accompagnement de l’économie algérienne.
Validée lors de l’assemblée générale extraordinaire du 15 juin 2026, l’augmentation représente une progression de 14,3 % du capital social. Elle ne correspond toutefois pas à une injection de liquidités nouvelles. La SAA transforme une partie de ses réserves accumulées en capital, renforçant ainsi la visibilité et la stabilité de sa structure financière.
L’opération s’appuie sur des résultats 2025 solides. Les actifs consolidés ont atteint 118,5 milliards de dinars, contre 108,5 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 9,2 %. Les capitaux propres s’établissent désormais à 46,7 milliards de dinars, représentant près de 40 % du total du bilan.
La compagnie a également réalisé 38 milliards de dinars d’émissions directes, en hausse de 15,7 %, pour une part de marché annoncée de 22,8 %. Le résultat net consolidé atteint 3,5 milliards de dinars, tandis que les indemnisations versées se sont élevées à 19 milliards.
Ces chiffres confirment le poids de la SAA, mais révèlent aussi un point de vigilance. La marge d’assurance nette n’a progressé que de 13,2 à 13,3 milliards de dinars, beaucoup moins rapidement que les émissions. La croissance commerciale devra donc rester compatible avec la maîtrise des sinistres, des frais de gestion et du coût des risques couverts.
Sous Youcef Benmicia, la SAA cherche précisément à préparer cette évolution. La compagnie développe de nouvelles couvertures dans les cyber-risques et l’usage des drones, tout en poursuivant la digitalisation de la gestion des sinistres.
Le renforcement du capital peut lui permettre d’accepter des engagements plus importants, d’investir dans ses systèmes technologiques et d’accompagner davantage les projets industriels, énergétiques et infrastructurels du pays.
Le défi sera désormais d’éviter que cette augmentation ne reste une opération essentiellement comptable. Pour conserver son leadership, la SAA devra transformer sa solvabilité en qualité de service, en rapidité d’indemnisation et en capacité à couvrir les risques émergents.
Patrick Tchounjo



