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Métiers & Pratiques

BEAC : un diagnostic pour préparer sa stratégie d’intelligence artificielle

La BEAC lance le 30 octobre un appel d’offres pour sa stratégie interne d’IA. Diagnostic, usages prioritaires et risques précèdent tout déploiement.

Par La rédaction4 min de lecture
Maquette architecturale bleue reliée à un cube de verre contenant des circuits lumineux sur un bureau sombre.
Illustration générée par IA pour ONLY BENKI

La BEAC lance, le 30 octobre 2026, une sélection internationale pour préparer sa stratégie interne d’adoption de l’intelligence artificielle. Diagnostic de maturité, choix des usages et maîtrise des risques constituent le cœur de la mission. Les offres sont attendues le 23 décembre : aucun déploiement opérationnel n’est annoncé à ce stade.

Illustration générée par IA pour ONLY BENKI. Composition conceptuelle ; elle ne représente ni un bâtiment réel ni un équipement de la BEAC.

Avant de choisir des outils, déterminer ce que l’institution est capable d’en faire. La Banque des États de l’Afrique centrale place cette question au centre de son nouvel appel d’offres. Le besoin exprimé porte sur une assistance à maîtrise d’ouvrage : une expertise chargée d’aider la banque centrale à définir ses besoins et ses priorités, plutôt que sur l’achat immédiat d’une plateforme d’IA.

Trois travaux pour rendre les décisions d’investissement possibles

La mission associe un diagnostic de maturité, l’élaboration d’une stratégie interne et l’identification des processus et cas d’usage prioritaires. Elle doit être financée sur les ressources propres de la BEAC. La sélection prendra en compte la qualité technique et le coût des propositions, dans le cadre du Code des marchés de l’institution.

Ces trois volets correspondent à des décisions différentes. Évaluer la maturité revient à examiner les conditions nécessaires à l’utilisation des outils : données disponibles, compétences, organisation et capacité de contrôle. Définir une stratégie permet d’arbitrer entre les ambitions, les moyens et les risques. Hiérarchiser les usages sert ensuite à orienter les dépenses vers les besoins qui justifient réellement un investissement.

Cette lecture économique est essentielle. Une démonstration technique convaincante ne prouve pas qu’un outil peut être intégré à un processus sensible, entretenu dans la durée et utilisé à un coût maîtrisé. L’analyse doit donc porter sur l’ensemble du fonctionnement attendu, y compris la vérification des résultats et le travail humain qui demeure nécessaire.

Des gains à démontrer, une responsabilité à conserver

L’objectif affiché par la BEAC est de tirer des gains mesurables de l’IA tout en maîtrisant les risques associés. L’avis officiel de sélection internationale n°175 ne chiffre toutefois ni économies attendues ni budget du contrat. Il ne nomme pas non plus de prestataire retenu ou d’application déjà approuvée.

Pour apprécier un futur projet, le gain de temps ne suffira pas. Une production plus rapide perd son intérêt si elle exige une correction coûteuse, expose des informations confidentielles ou rend difficile l’explication d’une décision. La qualité, la traçabilité et les conditions d’accès aux données deviennent ainsi des paramètres économiques, au même titre que le prix du logiciel.

Le chantier rejoint les questions de contrôle déjà abordées dans notre dossier sur l’audit interne des banques centrales francophones. Il complète aussi la couverture de la coopération numérique entre la BCEAO et la BEAC, sans se confondre avec ces initiatives antérieures.

Une échéance de consultation, pas une date de mise en service

Les propositions doivent parvenir aux services centraux de la BEAC à Yaoundé au plus tard le 23 décembre 2026 à midi. Leur ouverture est prévue le même jour à 13 heures. Cette échéance organise la compétition entre candidats ; elle ne fixe pas le démarrage d’un système d’intelligence artificielle.

Pour les banques et fintechs de la CEMAC, la portée immédiate reste également circonscrite : il s’agit d’un projet interne de la banque centrale. Cet avis ne crée aucune nouvelle obligation réglementaire pour les établissements. L’étape suivante à observer sera le choix du prestataire, puis la définition des usages retenus et des critères permettant de vérifier les gains annoncés.

Par Ariane Noma

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