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Ecobank : 291,6 milliards FCFA de bénéfice à fin septembre, mais un recul en UEMOA

Ecobank affiche 291,6 milliards FCFA de bénéfice net consolidé sur neuf mois. La hausse du groupe masque un recul du résultat avant impôt en UEMOA.

Par La rédaction3 min de lecture
Bureau Ecobank sur le boulevard de l’Indépendance à Niamey, photographié en septembre 2018.
Photo d’archives, Niamey, 9 septembre 2018. NigerTZai / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie non retouchée par la rédaction.

Ecobank Transnational Incorporated dégage un bénéfice net consolidé de 291,6 milliards FCFA sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 9 % dans cette monnaie. Le rapport d’activité publié le 28 octobre révèle cependant une trajectoire géographique contrastée : le résultat avant impôt recule dans l’UEMOA, alors qu’il progresse à l’échelle du groupe.

Photo d’archives : bureau Ecobank à Niamey, 9 septembre 2018. NigerTZai / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie non retouchée par la rédaction.

La croissance d’un groupe bancaire ne décrit pas nécessairement celle de chacun de ses marchés. Pour les lecteurs de l’espace francophone, c’est la distinction centrale de cette publication. Une performance consolidée additionne des activités et des environnements monétaires différents ; elle peut absorber des fragilités locales sans les faire disparaître.

Deux bénéfices à distinguer

Les comptes déposés à la BRVM pour la période close le 30 septembre présentent un résultat net consolidé de 515,8 millions de dollars, contre 454,5 millions un an auparavant. La part attribuable au groupe atteint 364 millions de dollars, soit 205,8 milliards FCFA. Ces deux montants ne sont pas interchangeables : le premier comprend notamment les intérêts minoritaires dans les filiales.

Cette lecture compte pour l’actionnaire de la maison mère. Confondre résultat consolidé et résultat part du groupe conduit à surestimer le bénéfice qui lui est attribuable. Aucun de ces indicateurs ne constitue, à lui seul, une annonce de dividende : la rémunération éventuelle du capital obéit à un processus distinct.

L’UEMOA ne suit pas la progression d’ensemble

Le résultat avant impôt augmente de 12 % en dollars à l’échelle du groupe. La direction fait état d’une hausse de 20 % dans l’ensemble Afrique centrale, orientale et australe et de 10 % en Afrique de l’Ouest anglophone, compensant des baisses dans l’UEMOA et au Nigeria. Le message de direction ne chiffre pas l’ampleur du recul ouest-africain francophone.

Il serait donc excessif d’en déduire une dégradation uniforme de toutes les filiales de l’Union. Un agrégat régional ne permet ni de classer les banques pays par pays ni d’identifier, sans ventilation supplémentaire, les activités responsables de l’écart. C’est cette décomposition qu’il faudra rechercher pour comprendre la rentabilité locale.

Le risque de crédit reste une clé de lecture

Le taux de créances douteuses s’établit à 7,5 %, contre 9,4 % fin 2025. Cet indicateur rapporte les créances concernées au portefeuille ; son recul ne dispense pas d’examiner les provisions et le coût du risque. Une banque peut améliorer la qualité apparente de ses encours tout en maintenant des charges de couverture significatives.

Les ambitions d’Ecobank dans le financement des femmes entrepreneures et de l’agrobusiness devront ainsi se lire avec la rentabilité des crédits accordés. Le développement du corridor de paiement avec CIPS relève d’un autre levier. Ces orientations ne remplacent pas la mesure des résultats réalisés. Pour l’UEMOA, la prochaine question est précise : quels métiers permettront de renouer avec une progression du bénéfice avant impôt ?

Par Nora Kémi

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