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Finance de développement

Afreximbank : 813,5 millions de dollars de bénéfice, le crédit progresse

Afreximbank gagne 24 % de bénéfice sur neuf mois en 2026. Crédit, liquidité et risque éclairent sa capacité à financer le commerce africain.

Par La rédaction3 min de lecture
Composition conceptuelle de conteneurs maritimes et de flux financiers sur fond bleu nuit.
Illustration générée par IA pour ONLY BENKI

Afreximbank dégage 813,5 millions de dollars de bénéfice sur neuf mois en 2026, en hausse de 24 %. L’expansion du crédit soutient les revenus, mais la liquidité et les fonds propres restent déterminants pour prolonger les financements au commerce africain.

Financer davantage exige aussi de préserver des ressources disponibles. À fin septembre 2026, Afreximbank et ses filiales portent leurs prêts et avances nets à 36,2 milliards de dollars, contre 33,5 milliards fin 2025. Dans le même temps, la part des actifs liquides passe de 15 % à 13 %. Ces deux évolutions éclairent le véritable enjeu des résultats annoncés le 26 octobre : accompagner l’expansion du commerce sans affaiblir la capacité à répondre aux engagements de la banque.

Un bénéfice consolidé, distinct des seuls comptes de la banque

Les états financiers consolidés non audités au 30 septembre 2026, accessibles dans les annonces aux investisseurs, font ressortir un bénéfice de groupe de 813,463 millions de dollars, contre 654,259 millions sur les neuf premiers mois de 2025. Le résultat de la banque seule atteint 788,134 millions. Le périmètre compte : le bénéfice consolidé ne doit pas être présenté comme celui de la seule entité bancaire.

Les actifs au bilan s’établissent à 45,9 milliards de dollars. En ajoutant les engagements conditionnels, le total atteint 54,1 milliards. Ce dernier montant ne correspond donc ni à des prêts effectivement décaissés ni à une réserve de trésorerie immédiatement mobilisable. Les garanties et autres engagements hors bilan contribuent à l’intervention financière sans se confondre avec le crédit inscrit à l’actif.

Lire les tableaux au-delà des arrondis

Une divergence mérite attention. Le commentaire de présentation annonce une hausse de 15 % du revenu net d’intérêt. Le tableau comptable consolidé affiche toutefois 1 488,181 millions de dollars, contre 1 267,143 millions. Le calcul sur ces montants donne environ 17,4 %. Cette différence ne remet pas en cause le bénéfice publié, mais elle impose de distinguer le pourcentage de présentation de la variation calculée sur les comptes.

Les commissions liées notamment aux garanties, lettres de crédit et services de conseil atteignent 136,9 millions de dollars. Ces instruments sont essentiels au commerce : ils permettent de sécuriser des obligations de paiement entre acheteurs, fournisseurs et banques, au-delà du prêt classique. Pour les entreprises africaines, la capacité d’intervention dépend ainsi autant de ces engagements que des décaissements.

La croissance demeure un exercice de liquidité et de risque

Les actifs liquides totalisent 6,1 milliards de dollars, contre 6,4 milliards fin décembre. Le ratio d’adéquation des fonds propres recule de 23 % à 22 %, tandis que les fonds propres comptables atteignent 9 milliards. Une hausse du capital comptable peut coexister avec une baisse du ratio prudentiel lorsque les risques pondérés progressent : les deux mesures répondent à des questions différentes.

Le taux de prêts non performants passe de 2,43 % à 2,48 %. La charge pour pertes de crédit attendues atteint 537,6 millions de dollars, contre 481,3 millions sur neuf mois en 2025. L’expansion s’accompagne donc d’un effort supplémentaire de couverture du risque.

Pour les économies francophones, les montages de financement impliquant Afreximbank au Niger et son intervention auprès de la Banque centrale de Tunisie illustrent la portée de ce partenaire. Les résultats consolidés ne ventilent cependant pas ici les financements par pays : ils ne permettent pas d’attribuer une part de la croissance à l’UEMOA ou à la CEMAC.

Illustration générée par IA pour ONLY BENKI. Composition conceptuelle, sans représentation d’une implantation ou d’une opération réelle.

Par Nora Kémi

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